EN BREF – À l’occasion du week-end natio­nal de comp­tage des oiseaux des jar­dins, la Ville de Grenoble et la Ligue pour la pro­tec­tion des oiseaux (LPO) invitent les Grenoblois à deve­nir acteurs de la bio­di­ver­sité. Au pro­gramme de ce samedi 24 jan­vier 2026 : ate­liers d’observation des oiseaux urbains, sen­si­bi­li­sa­tion à l’ornithologie et décou­verte d’un outil col­la­bo­ra­tif pour suivre les nichoirs ins­tal­lés en ville.

Ce samedi 24 jan­vier, le jar­din des plantes Joséphine Baker se trans­for­mera en labo­ra­toire à ciel ouvert. Dans le cadre du week-end natio­nal de comp­tage des oiseaux des jar­dins, la Ville de Grenoble, en lien avec la Ligue pour la pro­tec­tion des oiseaux (LPO), invite en effet les habi­tants à un après-midi de recen­se­ment des oiseaux urbains.

Un après-midi pour apprendre à obser­ver et pro­té­ger les oiseaux urbains

Trois ses­sions d’observation (à 13 heures, 14 heures et 15 heures) seront ani­mées par un expert de la LPO. L’objectif ? Apprendre à recon­naître les chants et les espèces pré­sentes en ville, tout en par­ti­ci­pant à leur recen­se­ment. Une ini­tia­tive ouverte à tous qui s’inscrit dans une démarche plus large de pro­tec­tion de la faune urbaine.

Les par­ti­ci­pants sont invi­tés à appor­ter leurs jumelles pour obser­ver les oiseaux urbains dans le parc, sous la hou­lette de spé­cia­listes. En cas de forte pluie, l’événement sera annulé.

Depuis 2001, les populations d'oiseaux des villes et villages mais aussi des milieux agricoles ont chuté de près de 15 % en Auvergne Rhône-Alpes.

L’hirondelle rus­tique fait par­tie des oiseaux les plus tou­chés par l’ar­ti­fi­cia­li­sa­tion des milieux et l’ur­ba­ni­sa­tion © Guy Bourderionnet

« Grenoble compte 169 espèces d’oiseaux, dont les plus repré­sen­tées sont le merle et le moi­neau », rap­pelle la Ville. « Les oiseaux, par­ti­cu­liè­re­ment la mésange bleue et la mésange char­bon­nière, jouent par ailleurs un rôle impor­tant dans la régu­la­tion d’espèces para­sites comme la che­nille de la pyrale du buis et la che­nille pro­ces­sion­naire du pin », sou­ligne la municipalité.

500 nichoirs et un outil citoyen pour ren­for­cer la biodiversité

En 2019, Grenoble a ins­tallé plus de 500 nichoirs dans les parcs et les écoles, dans le cadre du pro­jet « Nichoirs, chauve-sou­ris, hiron­delles et mésanges », lau­réat du Budget par­ti­ci­pa­tif. Avec un taux d’occupation de 80 %, ces ins­tal­la­tions se révèlent essen­tielles pour com­pen­ser la raré­fac­tion des cavi­tés natu­relles en milieu urbain, due à l’isolation des bâti­ments et à la réduc­tion de la durée de vie des arbres.

Pour impli­quer davan­tage les habi­tants, la Ville et la LPO ont lancé « Geonature Citizen », une pla­te­forme col­la­bo­ra­tive per­met­tant de géo­lo­ca­li­ser les nichoirs et de signa­ler leur occu­pa­tion. Les Grenoblois peuvent ainsi obser­ver les habi­tats des oiseaux au rythme de la nature.

Au prin­temps, pen­dant la période de repro­duc­tion, les habi­tants sont notam­ment invi­tés à obser­ver les nichoirs pour iden­ti­fier les dif­fé­rentes espèces de vola­tiles et à rap­por­ter leurs obser­va­tions sur la pla­te­forme. En hiver, ils peuvent net­toyer ces habi­tats et par­ta­ger des infor­ma­tions utiles (pré­sence de maté­riaux, d’œufs ou de parasites) .

Nichoirs © Auriane Poillet Ville de Grenoble

La Ville de Grenoble compte plus de 500 nichoirs mis en place dans le cadre du pro­jet « Nichoirs, chauve-sou­ris, hiron­delles et mésanges ». © Auriane Poillet – Ville de Grenoble

Attention cepen­dant : il est inter­dit de déran­ger les oiseaux entre février et sep­tembre, période cri­tique de repro­duc­tion. Il faut alors main­te­nir une dis­tance mini­male de 5 mètres lors des obser­va­tions. Pour ceux qui sou­haitent appro­fon­dir leurs connais­sances, la LPO pro­pose par ailleurs des res­sources pour mieux recon­naître les espèces et com­prendre leur comportement.

Des pra­tiques pour favo­ri­ser la nature en ville

Au-delà des nichoirs, la muni­ci­pa­lité gre­no­bloise rap­pelle qu’elle adapte ses pra­tiques pour favo­ri­ser la bio­di­ver­sité : prai­ries fleu­ries, zones refuges, fauche tar­dive pour pré­ser­ver les insectes, et créa­tion de mares pour offrir des points d’eau aux oiseaux. « Les hiron­delles et les chauves-sou­ris, grandes consom­ma­trices de mous­tiques, béné­fi­cient aussi de ces amé­na­ge­ments », sou­ligne la collectivité.