Il aura fallu 25 ans pour que l’Union européenne signe l’accord commercial Mercosur avec les quatre principaux pays d’Amérique du Sud, à savoir l’Argentine, le Brésil, le Paraguay et l’Uruguay. Toutefois, le Parlement a voté en faveur de la saisine de la Cour de justice de l’UE, gelant ainsi le processus de ratification. En revanche, la Commission européenne peut quand même appliquer le traité provisoirement, même si la France a demandé à ce que le vote du Parlement soit respecté. Jusqu’en mars, c’est donc le flou qui règne, mais pour l’heure, comment repérer en rayon si la viande que vous achetez est d’origine européenne ou sud-américaine ?

Car un des problèmes liés au Mercosur est l’importation de viande, que ce soit le poulet mais surtout le bœuf, dont le Brésil est le premier producteur mondial. Problème, au Brésil, les hormones sont autorisées dans les élevages contrairement à l’Europe. Et si les défenseurs du traité assurent que des contrôles seront effectués, beaucoup de consommateurs ne veulent pas consommer ce genre de viande. Mais il y a plusieurs cas à distinguer, souligne RMC.

Affichage obligatoire sur la viande fraîche

En ce qui concerne la viande fraîche, il y a obligation d’affichage de l’origine, que ce soit à la coupe ou dans le rayon boucherie. Aujourd’hui, de nombreux industriels souhaitant mettre en avant l’origine française de la viande l’impriment sur l’emballage, généralement avec un drapeau. Et si tel n’est pas le cas, il suffit de retourner votre poulet ou votre barquette de viande pour trouver son origine. A noter que pour le bœuf, vous aurez peu de risque de trouver de la viande sud-américaine, indique RMC, d’abord parce qu’aujourd’hui, 95% de la viande bovine vendue est française, mais aussi parce que les grands industriels ont déjà dit qu’ils refuseraient d’en vendre.

Y en aura-t-il cependant dans les produits transformés ? Les distributeurs n’ont pas précisé, d’autant que, comme le rappellent nos confrères, l’affichage de l’origine des matières premières n’est pas obligatoire dans les aliments transformés. Et en règle générale, si l’origine n’est pas indiquée, c’est que la viande utilisée n’est pas française. D’ailleurs, selon les chiffres de l’UFC-Que Choisir, 32% des produits à base de bœuf n’indiquent pas l’origine du bœuf. Quelles sont les alternatives ? «Origine UE» ou «origine non UE». Dans certains cas, plusieurs types de viandes peuvent avoir été utilisés.

Un quart de la viande importée en France

Plus globalement, la France importe un quart de viande bovine et, parmi ces importations, 85% viennent d’Union européenne. De la viande sud-américaine arrivera-t-elle sur nos étals et dans nos supermarchés ? Le risque est réel, indiquent nos confrères, parce que la viande importée du Brésil vaut 40% de moins. C’est d’autant plus vrai pour les pièces dites nobles, qui sont vendues encore moins cher. La Commission européenne tente déjà de rassurer en rappelant que les importations seront limitées à 99 000 tonnes sur six ans pour toute l’UE. En outre, la France n’est pas la principale concernée par ces importations, contrairement à l’Allemagne ou aux Pays-Bas.