On vous aurait bien conseillé Les gros patinent bien, pièce à succès « Molièrisée », mais elle affiche complet. Rassurons-nous : notre ville ne manque pas d’offre culturelle. S’il serait bien difficile de couvrir toute son actualité, voici 8 spectacles qui ont piqué notre curiosité dans l’agenda strasbourgeois : du seul-en-scène au grand ballet, du conte sombre au clown joyeux, des coulisses du théâtre à la mascarade du débat télévisé. En bonus : de nombreux festivals à suivre de près.

« Hamlet » à l’Opéra national du Rhin

En début de saison, nous t’avions conseillé 3 spectacles à voir à l’Opéra national du Rhin (OnR) : de l’opéra avec Le Miracle d’Héliane et Le Roi d’Ys, et une comédie musicale de Broadway, avec Follies.

Cependant, profitons de cette sélection pour parler aussi de leur prochaine création, l’adaptation en ballet d’Hamlet, imaginée par Bryan Arias (né à Porto Rico et élevé à New York). Pour le Ballet de l’OnR, le chorégraphe s’empare ainsi d’un grand classique de Shakespeare, pourtant rarement investi par la danse.

Ici, il « renouvelle [la portée de l’intrigue] en choisissant de la raconter du point de vue d’Ophélie, dans un univers élégant, mêlant des références de l’époque élisabéthaine au minimalisme contemporain ». Pour habiller cette tragédie, l’Orchestre national de Mulhouse jouera « des œuvres évocatrices de Sibelius, Tchaïkovski et Chostakovitch » sélectionnées par Tanguy de Williencourt (à la direction musicale).

À découvrir dès ce mois-ci à la Filature de Mulhouse, et du 8 au 13 février à l’Opéra de Strasbourg.

Quand et où ?
Du 30 janvier au 13 février
À l’Opéra national du Rhin de Strasbourg et à la Filature de Mulhouse
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opéra © Anthony Jilli / Pokaa

« Jubilä » au TJP – CDN Strasbourg

Plus confidentiel et familial, on vous conseillera aussi le surprenant seul-en-scène de Leïla Martial (Compagnie La Barde) : Jubilä, au TJP – CDN Strasbourg, du 4 au 12 février.

Accessible dès 8 ans, ce « solo clownesque pour vocaliste multi-timbrée » nous entraîne avec humour et virtuosité dans l’univers musical bigarré de l’artiste, composé d’influences variées : des Tziganes aux Pygmées en passant par le rap, ou Bach. Un vrai « voyage sonore » qui nous pique au cœur.

Quand et où ?
Du 4 au 12 février.
Au TJP – CDN Strasbourg (Petite Scène)
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jubila TJP

jubila TJP

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« Jubilä » de Leïla Martial. © Gael Morvan / Captures d’écran

« People Will People You » au TJP – CDN Strasbourg

Grande figure de la performance, l’artiste protéiforme sud-africain Steven Cohen (à la fois performeur, chorégraphe et plasticien) arrive à Strasbourg, du 12 au 14 mars. Il présentera dans le cadre des Micro Giboulées (toujours au TJP – CDN Strasbourg), ce qui sera peut-être son dernier spectacle : People Will People You.

people will people you steven cohen tjp « People will people you » de Steven Cohen. © Luke Pallett / Capture d’écran

En utilisant depuis les années 70 son corps comme une œuvre d’art à part entière, c’est généralement comme une créature chimérique chaussée d’iconiques « platform shoes », et de costumes aussi extravagants que transgressifs qu’il apparaît aux yeux du public. Afin d’« explore[r] des thèmes comme l’identité, la souffrance, la mémoire et la résistance » au travers de sa propre identité d’homme blanc queer, juif et sud-africain.

Mais dans cette nouvelle création, il s’ouvre à nous de façon inédite, en « engage[ant] un véritable dialogue avec le public ». « Un geste rare, presque radical, où la voix prend la forme à son tour d’un acte d’existence et de résistance ».

Quand et où ?
Du 12 au 14 mars
Au TJP – CDN Strasbourg (Petite Scène)
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people will people you steven cohen tjp

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« People will people you » de Steven Cohen. © Iona Dutz / Captures d’écran

« Rituel 4 : Le Grand Débat » au Maillon

Alors que les élections municipales approchent (annonçant déjà avec elles les présidentielles de 2027), le Maillon consacrera un Temps fort « Démocraties en jeu » (du 5 au 22 mars).

Parmi les œuvres présentées, on a sélectionné Rituel 4 : Le Grand Débat, d’Émilie Rousset et Louise Hémon, à retrouver du 14 au 17 mars.

rituel 4 maillon « Rituel 4 : Le Grand Débat » d’Émilie Rousset et Louise Hémon. © Ph. Lebruman / Capture d’écran

Reprenant les codes du débat de l’entre-deux-tours, tant dans sa forme que son contenu, le spectacle revient sur ce « rituel politique » apparu sur l’ORTF, dans les années 70, dans un collage de « grandes répliques du théâtre politico-télévisuel » allant de 1974 à 2022.

Des punchlines telles que « Vous n’avez pas le monopole du cœur », « Vous avez tout à fait raison, M. le Premier ministre », « Vous êtes le candidat à plat ventre » qui racontent l’histoire d’un format, autant que celle du jeu politique qu’il alimente. Et rejouées par Emmanuelle Lafon et Laurent Poitrenaux, un duo de politicien(ne)s plus vrai(e)s que nature. On s’y croirait.

Quand et où?
Du 14 au 17 mars
Au Maillon – Théâtre de Strasbourg, scène européenne
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« L’Infiltré » au TNS

S’il s’est rendu célèbre dans sa série documentaire qui porte son nom (relatant son parcours de transition de genre), Océan est aussi un homme de scène. Du 23 mars au 1er avril, il foulera les planches du TNS (Théâtre national de Strasbourg) avec L’Infiltré, son dernier spectacle.

Un spectacle « assumé comme pédagogique » où il questionne la construction scientifique de la binarité sexuelle, et s’amuse « des biais sexistes qui jalonnent l’histoire des sciences ». Tout en parlant des hommes dans leurs espaces d’intimité, depuis sa nouvelle position : celle d’un « infiltré ».

Quand et où ?
Du 23 mars au 1er avril
Au TNS – Théâtre national de Strasbourg
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Océan TNS Océan. © Lucie Rimey Meile / Capture d’écran

« L’amour c’est pour du beurre » au TAPS Scala

Celui-ci a piqué notre curiosité : L’amour c’est pour du beurre nous vient du Théâtre de Namur (Belgique).

Mis en scène par Éline Schumacher, cette pièce écrite collectivement est un « spectacle intense et déroutant », nous prévient le TAPS Scala (Théâtre Actuel Public de Strasbourg) qui l’accueille du 27 au 29 mai.

L’amour c’est pour du beurre

L’amour c’est pour du beurre

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« L’amour c’est pour du beurre » d’Éline Schumacher. © Hubert Amiel / Captures d’écran

Sur scène, « une troupe amateur livrée à elle-même dans l’odeur de sueur d’une salle de gym avec un texte difficile et un décor en carton qui s’écroule ». Le tout interprété par des comédien(ne)s professionnel(le)s qui nous plongent dans une mise en abîme de la création théâtrale, jouant avec tendresse la maladresse.

La Nuit des rois de Shakespeare, comme vous ne l’avez jamais vue, avec des âmes un peu perdues qui, ensemble, se découvrent, se retrouvent.

Quand et où ?
Du 27 au 29 mai
Au TAPS Scala
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« Dub » au Maillon

Il s’annonce spectaculaire : Dub d’Amala Dianor investit la scène du Maillon du 3 au 5 juin prochains, en nous offrant un panorama rare de street dances du monde entier.

Porté par 11 danseurs/ses « virtuoses », il nous entraînera sur les rythmes du pantsula, dancehall, waacking, krump, et par là même : sur tous les continents où le danseur et chorégraphe (issu du hip-hop) est passé, « à la recherche de ces langages corporels perpétuellement réinventés ».

dub amala dianor maillon

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« Dub » d’Amala Dianor. © Pierre Gondard / Captures d’écran

Une performance de haut vol, sur la musique électro’ du compositeur Awir Leon, et avec en fond, la scénographie canon du photographe Grégoire Korganow.

Ce dernier a imaginé sept box « lumineuses et colorées », illustrant les « lieux précaires et instables » d’où émergent ses danses, « de la chambre à la boîte de nuit ». Pour un rendu aussi esthétique et dynamique que politique.

Quand et où ?
Du 3 au 5 juin
Au Maillon – théâtre de Strasbourg, scène européenne
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« Les Petites Filles modernes (titre provisoire) » au TNS

Joël Pommerat signe son retour au TNS (Théâtre national de Strasbourg) du 3 au 18 juin, avec Les Petites Filles modernes (titre provisoire) dont il est l’auteur et le metteur en scène.

Après sa réécriture du Petit Chaperon rouge, de Pinocchio et Cendrillon dont « il détruisait les codes du merveilleux », cet « écrivain de spectacles » (comme il se définit lui-même) multi-récompensé nous plonge une nouvelle fois dans un univers qu’il connaît bien : celui du conte.

joël pommerat tns petites filles modernes

joël pommerat tns petites filles modernes

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« Les Petites Filles modernes (titre provisoire) » de Joël Pommerat. © Agathe Pommerat / Document remis

Une pièce touchante et à l’esthétique ambitieuse qui joue pleinement ici la carte du fantastique. La magie, comme seule échappatoire au mal-être adolescent, pour « deux très jeunes filles, obligées de déjouer les lois du monde réel afin de s’affranchir de celles des adultes et nouer un pacte d’amitié qu’elles veulent indestructible ».

Quand et où ?
Du 3 au 18 juin
Au TNS – Théâtre national de Strasbourg
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Bonus : les festivals !

On profitera de cet article pour vous recommander plusieurs festivals strasbourgeois. Tout d’abord, celui qui agite POLE-SUD – CDCN Strasbourg depuis quelques jours : « L’année commence avec elles ». Un festival qui « ouvre nos regards sur une vitalité artistique féminine », selon sa directrice Joëlle Smadja.

Il vous reste à découvrir jusqu’au 29 janvier quatre des huit spectacles programmés – qui parlent autant « du vieillissement, de l’histoire des colonies, de notre relation à la nature ou de nos rêves d’enfants des cités ».

Hortense Belhote Carte Culture Hortense Belhôte « Performeureuses » (festival L’Année commence avec elles). © Document remis

Pour prendre sa suite : le Maillon (théâtre de Strasbourg – scène européenne) présentera lui, du 29 janvier au 7 février, une nouvelle édition de Premières, son festival dédié à « l’émergence européenne ».

À l’affiche ? Cinq premières (ou secondes) mises en scène de jeunes artistes. Cinq visions de la création artistique, du monde qui les entoure et « des thèmes actuels dont [ils et elles] s’empare[nt] avec force ». Sur scène : des récits de soi, des parcours de vie marqués par l’exil, la double culture, la différence. Avec en creux, une question : comment se raconte-t-on ?

Maillon

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Maillon

« Qui a peur de Davide-Christelle Sanvee » (festival Premières) © Eden Leviam / Documents remis

Quant au Conservatoire de Strasbourg, il dédie ce mois-ci la troisième édition de son festival éponyme (et gratuit) pour célébrer les 20 ans de la Cité de la musique et de la danse. Jusqu’au 31 janvier, il braque ainsi le projecteur sur ses talents, avec 40 spectacles et performances de musique, théâtre et danse.

On notera par exemple les 15 représentations qui se tiendront lors de la Nuit du Répétitif (dans le cadre de la Nuit des Conservatoires), le vendredi 30 janvier. Pour l’occasion, il y fera sa première ouverture nocturne (de 18h à 1h30).

cité de la musique © Hugo Favre-Napoli / Pokaa

Le TJP – CDN Strasbourg (on en parlait plus haut) accueillera, du 8 au 14 mars, les Micro Giboulées qui s’inspirent de ses historiques Giboulées. Il s’agira, en une poignée de spectacles, de « célébrer l’infini pouvoir de transformation du théâtre, qui permet aux corps et aux objets de devenir tout ce que l’on désire, avec notre imagination pour seule limite ». On y croisera notamment un conte clown punk, une parade costumée et « un opéra dansé punk et bouillonnant ».

En parallèle ou presque, le TAPS Laiterie retrouvera, du 10 au 14 mars, son annuel Actuelles, « un temps fort […] autour de l’écriture du théâtre d’aujourd’hui ». Au programme ? Cinq soirées autour de textes de théâtre actuel sélectionnés, puis mis en scène par les élèves en scénographie de la Hear (Haute école des arts du Rhin).

Tanguy Chêne + graphic dee Graphic Dee aux portes ouvertes du TJP, en septembre 2025 (Micro Giboulées). © Document remis

Peu après, l’Opéra national du Rhin et ses partenaires culturels nous emmèneront par-delà les océans, avec Arsmondo Îles. Un festival interdisciplinaire à retrouver du 12 au 22 mars, au travers de « projections, concerts, lectures et tables rondes [qui] interrogeront l’insularité dans toute sa complexité – entre isolement et interdépendances, traditions et modernité, périls et utopies ».

Enfin, le Curieux Festival reviendra quant à lui du 7 au 19 avril, pour « met[tre] en lumière les sciences et les enjeux contemporains inhérents, à travers le spectacle vivant ». Outre la vulgarisation scientifique, ce seront de curieuses formes qui nous seront présentées, avec du théâtre, de la danse, de la musique ou du cirque, ainsi que des « Curieuses Rencontres » et « des expériences insolites ».

Un agenda 2026 qui n’est donc pas prêt de se désemplir !

farse arts de rue spectacle culture

farse arts de rue spectacle culture

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FARSe 2025. © Mathilde Cybulski / Pokaa