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Pourparlers USA-Ukraine-Russie aux Emirats arabes unis

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La première journée de discussions s’est erminée

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Un accord sur les garanties de sécurité US est
prêt-Zelensky

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Zelensky refuse de céder la région de Donetsk

(Actualisé avec déclaration de la partie ukrainienne à l’issue
de la première journée de négociations)

Les négociateurs
ukrainiens et russes ont mis un terme vendredi à Abou Dhabi à la
première journée de négociations qui doivent aborder l’hypothèse
d’éventuelles concessions territoriales, mais aucun des deux
camps ne semble disposé à céder sur ce point crucial pour mettre
un terme au conflit qui dure depuis près de quatre ans.

La première journée de discussions, auxquelles sont associés
des représentants américains, s’est terminée vendredi soir,
selon une source proche du dossier. Une deuxième et dernière
journée de négociations doit s’ouvrir samedi.

Les discussions ont porté sur les paramètres pour mettre fin
à la guerre et sur « la logique future du processus de
négociation », a déclaré Roustem Oumerov, le chef de la
délégation ukrainienne.

Kyiv fait face à une pression accrue de la part de
Washington afin de conclure un accord de paix avec Moscou. La
Russie exige que l’Ukraine cède la totalité de la région du
Donbass, dans l’est du pays, contrôlée à 90% par les troupes
russes, avant même que ne cessent les combats.

« La question du Donbass est cruciale. La manière dont les
trois parties envisagent la situation sera discutée aujourd’hui
(vendredi) et demain (samedi) à Abou Dhabi », a déclaré le
président ukrainien lors d’un échange avec des journalistes sur
WhatsApp.

Le président russe Vladimir Poutine exige une cession totale
de l’oblast de Donetsk, zone du Donbass contrôlée à 20% par les
forces ukrainiennes, ce à quoi s’oppose Volodimir Zelensky.

Vendredi, le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov a déclaré
que l’insistance de la Russie pour une cession du Donbass par
l’Ukraine était « une condition essentielle ».

Selon une source proche du Kremlin à Reuters, Moscou estime
que les négociations doivent s’appuyer sur la « formule
d’Anchorage » convenue entre Donald Trump et Vladimir Poutine
lors de leur sommet en Alaska en août dernier. Cette dernière
implique le contrôle par la Russie de l’ensemble du Donbass et
le gel des lignes de front actuelles ailleurs dans l’est et le
sud de l’Ukraine.

GARANTIES SÉCURITAIRES POUR KYIV

La réunion à Abou Dhabi intervient alors que Volodimir
Zelensky a rencontré jeudi Donald Trump en marge du Forum
économique mondial de Davos, en Suisse.

Le dirigeant ukrainien a indiqué, au terme de la réunion,
que les détails des garanties sécuritaires pour l’Ukraine dans
le cadre d’un accord de paix avec la Russie avaient été
finalisés, mais que la question des territoires restait à
résoudre.

L’Ukraine a demandé à ses alliés de solides garanties de
sécurité en cas d’accord de paix afin d’empêcher la Russie
d’envahir à nouveau son territoire. Selon Kyiv, un accord sur
les garanties de sécurité américaines est prêt et il ne manque
plus que la signature de Donald Trump.

Volodimir Zelensky a assuré vendredi que les partenaires
européens de Kyiv seraient informés à l’issue de la réunion à
Abou Dhabi.

Vladimir Poutine a reçu jeudi soir à Moscou trois émissaires
américains pour des discussions sur le plan de paix chapeauté
par l’administration de Donald Trump.

Ces discussions, qui ont duré près de quatre heures, ont été
utiles et très franches, a déclaré le conseiller diplomatique du
président russe, Iouri Ouchakov.

« Il a été rappelé durant ces discussions entre notre
président et les Américains que sans résoudre la question
territoriale selon la formule convenue à Anchorage, il n’y a
aucun espoir de parvenir à un règlement à long terme », a-t-il
dit.

La Russie est « sincèrement intéressée » par une solution
diplomatique, a-t-il assuré, ajoutant toutefois que Moscou
continuerait de « poursuivre sans relâche les objectifs de son
opération militaire spéciale » d’ici là.

(Anna Pruchnicka à Kyiv, Dmitry Antonov à Moscou, rédigé par
Mark Trevelyan à Londres, avec Maxim Rodionov et Filipp Lebedev
à Londres, Anastasia Lyrchikova à Moscou et Ron Popeski à
Winnipeg; version française Camille Raynaud et Claude Chendjou,
édité par Blandine Hénault et Kate Entringer)