Cinq jours de débats, 3 000 participants, dont 64 chefs d’Etat, des dizaines de chefs d’entreprise et surtout des prises de position remarquées. Pour sa nouvelle édition, le Forum économique mondial de Davos n’a pas déçu, marqué notamment par la passe d’armes interposée entre Emmanuel Macron et Donald Trump sur fond de tensions géopolitiques. Menacé par les droits de douane évoqués par le président américain, Emmanuel Macron a dans un premier temps réclamé des outils «très puissants» face aux Etats-Unis qui «cherchent à affaiblir l’Europe».
En réponse le lendemain, après avoir moqué l’utilisation de lunettes par le président français, Donald Trump a estimé que ce dernier avait «essayé de faire le dur à cuire». Plus globalement, Donald Trump a critiqué l’Europe, remettant parfois en cause l’unité sur le continent. «L’Europe a pas mal été dénigrée ces derniers jours, mais au fond, c’est plutôt une bonne chose et nous devrions remercier ceux qui la dénigrent», a lancé Christine Lagarde en clôture du forum, souligne BFM. Un «Europe bashing» qui satisfait finalement la présidente de la Banque centrale européenne.
Christine Lagarde appelle à travailler main dans la main
Pourquoi ? Car pour l’ancienne présidente du FMI, cela va faire prendre conscience à l’Europe qu’elle doit réagir et «se concentrer davantage sur l’innovation, l’amélioration de la productivité et tout le reste». Rappelant que nous étions tous «dépendants les uns des autres», Christine Lagarde a pris pour exemple l’intelligence artificielle «qui demande beaucoup d’investissements, d’énergie et de datas», notamment parce que l’IA prospère quand il y a beaucoup de ressources.
«Si nous ne travaillons pas les uns avec les autres, si nous n’avons pas de règles, il y aura moins de données à traiter, moins d’investissements et cela ne permettrait pas la prospérité d’un secteur qui nous dirige», a-t-elle poursuivi, réclamant surtout de «distinguer les signaux du bruit» et de «dire la vérité». Une sortie faisant écho aux nombreuses approximations faites par Donald Trump au cours de son long discours ou encore aux piques de Volodymyr Zelensky pointant une Europe «fragmentée».
La confiance «beaucoup sapée»
Si Christine Lagarde a rappelé avoir une «immense confiance et affection pour le peuple américain», elle a mis en garde : «Bâtir la confiance prend du temps, mais la saper beaucoup moins», soulignant que cette confiance avait été «sapée un peu, peut-être beaucoup». En clôture, la présidente du FMI a déploré une croissance «insuffisante». «Ne cédons pas à la complaisance. La croissance n’est pas assez solide. Et parce qu’elle ne l’est pas, la dette qui pèse sur nous, qui atteint 100% du PIB, va devenir un fardeau particulièrement lourd», a mis en garde Kristalina Georgieva.