Bublik – Moutet, le clash qui a failli dégénérer à Phoenix : « Tu veux te battre ? Allons-y, on se retrouve dans dix minutes dehors ! » (VIDÉO)

Mais derrière cette façade se cache un joueur de grand talent, qui a enfin rejoint le top 10 mondial à 28 ans, après son titre en Asie mi-janvier. Pour atteindre ce palier, il a fallu plus que du talent. Pour commencer, Bublik a trouvé le plaisir de jouer, un moteur indispensable pour performer au plus haut niveau. Dans un entretien avec L’Équipe en 2020, il confiait : « Pour tout vous dire, je ne vois pas de point positif à être un joueur de tennis. Je ne joue que pour l’argent. S’il n’y avait pas d’argent, j’arrêterais tout de suite. »

Aujourd’hui, son approche a radicalement changé. « Clairement, je prends plus de plaisir à gagner que les années précédentes », a-t-il expliqué en conférence de presse à Melbourne. Ce changement, il dit l’avoir amorcé lors des tournois de Madrid et Rome l’an dernier. « Quand les choses fonctionnent, il n’y a aucune raison de changer. L’essentiel est de garder la constance, le rythme, et de continuer à faire ce qui marche. »

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Aujourd’hui, il s’agit simplement de se battre jusqu’au bout.

La maturité est venue avec le temps et l’expérience. « Comme je l’ai déjà dit, je traite désormais le tennis davantage comme un travail. Je suis venu ici pour gagner des matchs, pour faire tout ce qui est en mon pouvoir – dans le respect des règles et de l’éthique – afin d’aller chercher la victoire. » L’ancien Bublik colérique, celui qui explosait à la moindre contrariété, semble désormais un lointain souvenir. « Je n’ai aucun plaisir à perdre un troisième set, hurler et casser des raquettes. Aujourd’hui, il s’agit simplement de se battre jusqu’au bout et de tenter de m’imposer. »

Alexander Bublik v Tomas Martin Etcheverry Highlights | Australian Open 2026 Third Round - YouTube thumbnailWatchÀ Wimbledon, Alexander sera l’un des ennemis Bublik : « Je ne suis pas un robot, je ne suis pas parfait »Un huitième de finale face à l’Australien de Minaur

Cette transformation gagnante ne lui fait pourtant pas regretter ses années passées. « Avant, je mangeais beaucoup de malbouffe et je buvais énormément de Coca-Cola. Aujourd’hui, je ne le fais plus, parce que c’est mon choix. C’est pareil pour ma mentalité : je décide de la façon dont je veux aborder le tennis, ma vie, mon rythme. J’aime rester concentré, bien dormir, passer du temps avec ma famille plutôt que sortir. Tout s’est fait naturellement. »

Il n’estime donc pas avoir perdu du temps. « À l’époque, j’étais heureux. Je faisais ce que je voulais, en connaissant parfaitement les conséquences. Je savais que dans ces conditions, je ne pouvais pas être un joueur stable du top 20 ou top 30. Mais j’étais souvent classé 32e, 35e, 27e… et ça me suffisait. Je jouais des finales, je gagnais parfois un titre, je vivais comme je voulais, avec mon enfant, ma compagne. Et j’étais heureux comme ça. »

Dimanche, Bublik aura l’occasion de mettre cette maturité à l’épreuve contre Alex de Minaur (ATP 6), pour une place en quart de finale de l’Open d’Australie. Un duel de styles et de tempéraments : le Kazakh, maître de l’imprévu et du spectacle, face à l’Australien méthodique et combatif. Pour Bublik, ce match sera une nouvelle étape dans un parcours qui, il y a seulement quelques années, semblait improbable. Pour preuve, son meilleur résultat à Melbourne restait jusqu’ici un deuxième tour en 2017, 2021 et 2022.