En liquidation judiciaire, le club de volley de Romans-sur-Isère (Drôme) menace de fermer ses portes. Les jeunes et leurs parents s’inquiètent tandis que les membres du bureau cherchent des solutions. Une cagnotte de la dernière chance a été lancée.

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Avez-vous peur que le club ferme ? Oui. La réponse est unanime pour les jeunes du club de volley de Romans-sur-Isère. En cause, les finances de l’institution drômoise sont au plus bas. Résultat, le VBR (Volley Ball Romans) se retrouve en liquidation judiciaire et menace de fermer ses portes.

“Ça serait un peu dommage. Ça fait un moment que je joue ici. J’ai grandi avec le club et le fait qu’il puisse se dissoudre ça m’inquiète”, explique Hassan, du haut de ses 18 ans.

Le sportif ajoute : “C’est comme un antistress. Quand j’ai fini les cours, je viens, je m’amuse, ça me remet le sourire. [Si le club ferme, NDLR] je n’aurai plus rien à faire. Ça va me créer un peu plus d’anxiété”. Un peu plus, loin, ballon en main, Lucas s’interroge. Va-t-il devoir trouver un autre endroit ou pratiquer son sport, plus loin, et donc perdre du temps dans les transports ? Il n’en éprouve aucune envie.

Au VBR, ils sont plus de 200 licenciés.

Au VBR, ils sont plus de 200 licenciés.

© Hugo Chapelon

“On a une super énergie, tout le monde s’entend super bien. On a un super bon collectif. On n’a pas envie que ça ferme”, confie le jeune homme qui évolue au VBR depuis 10 ans. Tout l’été, les jeunes du groupe 14-18 ans sont restés dans l’attente de savoir si leur club allait rouvrir les inscriptions pour la rentrée 2025-2026.

“Les familles ont été très inquiètes pendant l’été. Elles ont entendu beaucoup de choses sur les réseaux sociaux, bouche à oreille”, affirme Philippe Galant. Le président du Volley-Ball Romanais confie avoir passé un “sale été”, “très long et très anxiogène”. “On ne voulait pas abandonner les jeunes. Je suis au club depuis 40 ans. Je n’ai pas envie que ça s’arrête comme ça”.

D’autant plus que le VBR est un club historique du département qui existe depuis l’année 1968. Il compte aujourd’hui plus de 200 licenciés dont 65 % de femmes. Deux équipes évoluent en nationale féminine dont le plus haut niveau comprend une équipe en Elite Access, 2e division nationale.

“On voit déjà tous les jeunes licenciés, qui ont évolué, qu’on a formé pour arriver à ce niveau-là, et c’est vrai que ça brise le cœur”, explique la boule au ventre Fabienne Latige, bénévole, marqueuse du VBR. “Ça va nous pousser encore plus loin pour essayer de remonter la pente”, ajoute la sportive.

Fabienne Latige, bénévole, marqueuse du VBR, et Philippe Galant, président du club

Fabienne Latige, bénévole, marqueuse du VBR, et Philippe Galant, président du club

© Hugo Chapelon

Comment le club en est arrivé là ? Une mauvaise gestion, et des financements à la baisse après la relégation de l’équipe féminine en nationale 3. Le club doit 200 000 euros à ses créanciers.

“Je pense qu’il y a eu une gestion qui n’était pas suffisamment carrée”, explique Philippe Galant qui a récupéré les rennes du club en octobre 2025. “Je pense que ce n’est pas un manque de rigueur, mais de connaissance. On a récupéré un chef d’entreprise qui regorgeait de bonnes volontés, et je pense que le milieu associatif lui a un peu échappé”, ajoute le responsable qui refuse d’incriminer qui que ce soit et tient à souligner l’effort de contribution au remboursement de la dette, sur ses fonds propres, de l’ancien président Nicolas Taravello du VBR.

Aujourd’hui l’institution sportive mise sur une cagnotte en ligne pour renflouer ses caisses. “L’idée de la cagnotte, c’est de démontrer aux mandataires qu’on se bouge, qu’on fait tout ce qui est en notre possible pour ramener des sous”, affirme le président qui prévoit également l’organisation de buvettes et de tournois.

Problème, “on peine un petit peu à la faire monter cette cagnotte”, renchérit le responsable qui espérait récolter environ 50 000 € au lieu des 4 000 € actuels. Le club compte donc sur d’autres moyens de financement : des subventions municipales à hauteur de 90 000 euros pour la saison, tandis que les subventions départementales permettent de continuer à faire vivre le club.

“Si cette cagnotte ne va pas au bout, j’espère que l’on va trouver d’autres solutions. On va se battre pour ne pas fermer le club”, conclut Philippe Galant. L’espoir est là : les jeunes ont tout de même pu retrouver le gymnase Roger-François.

D’après les éléments de Mathias Garnier et Hugo Chapelon