Le plus ancien laboratoire de recherche français dans les disciplines juridiques liées au monde de la mer risque la fermeture, selon les initiateurs de la pétition. L’Université de Nantes évoque « une réorganisation des structures de recherche ».
Gouvernance des océans, protection de l’environnement marin, droit du transport maritime, sécurité et conditions de travail des gens de mer, économie bleue et développement durable, expertise juridique : ce sont les grands domaines de recherche et d’expertise du Centre de droit maritime et océanique (CDMO), laboratoire de recherche de la Faculté de droit et sciences politiques de l’Université de Nantes.
Créé en 1970, « il a formé des générations de chercheurs, de doctorants et de praticiens aujourd’hui pleinement intégrés dans les milieux académiques, institutionnels, judiciaires et professionnels, en France comme à l’étranger », indique le texte de la pétition, initié par des « jeunes docteurs, doctorants, membres associés et collègues chercheurs, soutiens du Centre de Droit Maritime et Océanique ». Sur son site Internet, le CDMO indique avoir formé 970 spécialistes des droits maritimes, encadré 160 thèses et produit 15.000 publications scientifiques.
Il risque aujourd’hui la fermeture, selon les initiateurs de la pétition, qui, au moment où nous écrivons ces lignes, a recueilli plus de 700 signatures. Ce projet de fermeture serait lié à « des difficultés conjoncturelles en matière de ressources humaines », indique les auteurs du texte, qui appellent à l’inverse à « des solutions structurelles – recrutement, soutien institutionnel, valorisation de la discipline – et non la suppression d’un laboratoire dont la pertinence scientifique et l’attractivité demeurent intactes ».
Contactée par Mer et Marine, l’Université de Nantes indique que « loin de mettre fin à la formation et à la recherche en droit maritime et océanique, qui constituent une force pour l’établissement, Nantes Université a simplement décidé de procéder à une réorganisation des structures de recherche, comme cela arrive de manière habituelle dans le cadre de la préparation des futures accréditations HCERES (Haut Conseil de l’évaluation de la recherche et de l’enseignement supérieur, l’instance chargée d’évaluer les universités, ndlr) ».
« Dispersées depuis plusieurs années dans plusieurs laboratoires de recherche, les activités de recherche en droit maritime et océanique se poursuivent donc au sein d’autres structures », ajoute l’Université. Selon les auteurs de la pétition, la décision de fermeture sera confirmée ou non « le 30 janvier 2026 lors du Conseil académique » de Nantes Université.
Celle-ci indique d’ores et déjà que « l’ensemble des doctorantes et doctorants est accompagné de manière individuelle et chacun se verra proposer, dans les meilleurs délais et en fonction de ses souhaits, une nouvelle affectation, garantissant ainsi la continuité de ses travaux ».
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