Par

Brian Le Goff

Publié le

24 janv. 2026 à 6h32

Si le temps était plutôt à l’accalmie ces dernières heures, « ça ne va pas durer », estime Sébastien Decaux de Météo Bretagne : « On est très pessimiste pour la semaine prochaine. »

« On va avoir les pieds dans l’eau »

En effet, les sols sont gorgés d’eau et les précipitations ne cessent d’être régulières, tout comme les vigilances crues. Dans l’ouest de la Bretagne, des inondations ont déjà lieu, comme à Quimperlé (Finistère).

Rennes et l’Ille-et-Vilaine devraient connaître le même sort à certains endroits, toujours selon le météorologue. Pour lui, cela ne fait presque plus aucun doute : « On va avoir les pieds dans l’eau. »

« Une extension et une amplification des inondations »

En prenant un peu d’avance dans les prévisions, la région va faire face à des précipitations qui vont se poursuivre pendant au moins une semaine, voire 10 jours : « Les perturbations vont traverser la Bretagne à intervalles réguliers, ce qui va entraîner une extension et une amplification des inondations. »

Les sols ne peuvent plus rien absorber, ils sont saturés. La moindre précipitation finit très rapidement dans les cours d’eau qui gonflent.

Dans le département brétillien, c’est actuellement un ciel de traîne qui est en place, coupé par de nombreuses averses orageuses liées à la dépression Ingrid.

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« Pas très inquiet » sur les deux-trois prochains jours

Thomas Belin, chef du service de prévision des crues à la Dreal (Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement) Bretagne, « reste prudent sur la partie prévisions avec des sols très humides ». Sans se prononcer sur les évolutions à moyen terme, il « n’est pas très inquiet pour les cours d’eau l’Ille et la Vilaine » sur les deux-trois prochains jours.

En revanche, sur la Vilaine après Rennes et sur le Meu, ou encore la Seiche, on observe encore une montée du niveau des cours d’eau, qui se répercutent du côté de Guichen et Guipry-Messac. Mais on reste, pour l’heure, sur des niveaux beaucoup plus bas qu’il y a un an.

Thomas Belin
Chef du service de prévision des crues à la Dreal Bretagne

Fin janvier 2025, il y a un an, lors des inondations historiques, l’eau était montée jusqu’à 4,80 mètres à Guichen. « On est aujourd’hui à 2,40 m sur la même station », observe Thomas Belin.

« On a encore un peu de marge »

Reste à savoir jusqu’à quand et en quelle quantité les précipitations vont tomber sur le département. Pour le chef du service de prévision des crues, « ça commence à être comparable à l’année dernière ». Le mois de janvier 2025 avait été un mois record en termes de pluie. Sur les quatre-cinq derniers jours, c’est la moitié d’un mois de janvier de pluie en moyenne qui s’est abattue.

Les possibilités offertes aux autorités, c’est de retenir l’eau dans des barrages ou bassins en amont de la capitale bretonne notamment. « En 2025, autour du 9-10 janvier, on avait déjà risqué une crue et ces dispositifs étaient pleins. Alors, à la fin du mois, quand les nouvelles précipitations se sont présentées, les eaux de ruissellement n’ont pas pu être captées en amont. Là, en ce mois de janvier 2026, on a encore un peu de marge. »

Pour Sébastien Decaux, météorologue chez Météo Bretagne, le bassin rennais devrait voir encore 40 à 50 millimètres de précipitations tomber. Ce sera plutôt autour de 20 à 30 mm sur le nord du département, et environ 60 millimètres en revanche sur la région de Redon. « Ces prévisions sont à prendre avec des pincettes car il faut que la trajectoire des perturbations se précise. Dans le Finistère, 100 mm de pluie d’ici à la fin de la semaine prochaine sont possibles. »

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