Dans cette 18ème journée, on retiendra le joli coup d’Oyonnax à Angoulême après une âpre rencontre, le succès vannetais à Grenoble qui asseoit sa domination ou encore un match nul au courage des Montois à Nevers. Ce qu’il fallait retenir de cette journée, c’est à lire ici !

Le déluge de la soirée : la grêle et un K.O. pour l’arbitre

Un déluge ahurissant s’est abattu sur Maurice-David au moment de lancer la deuxième période. Et, pour une fois, il n’était pas offensif ! Habituée à une cadence de 5 à 6 essais par match à domicile, Provence Rugby n’en a inscrit (seulement) quatre. Seuls les Brivistes avaient réussi à en encaisser moins dans l’antre sudiste. De la pluie pour commencer, de la grêle par intermittence ensuite, et voilà que la rencontre passe sur un rythme bien plus lent, bien plus haché.

Les Provençaux n’arrivent pas à mettre en place leur jeu et sont talonnés à la pause par de valeureux Aurillacois (14-10). Les coéquipiers de Jules Plisson — de retour depuis avril dernier — ont fait ce qu’il fallait dans les 40 dernières minutes pour empocher, puis conserver le bonus offensif. C’est le cinquième de rang à domicile pour cette formation qui termine la rencontre sur un 27-10. On retiendra aussi, sur une note moins joyeuse, le K.O de M. Aiguebonne, l’arbitre de la rencontre, à seulement deux minutes de la fin après un choc avec Burduli. Les protégés de Saint-André conservent la seconde place, tandis qu’Aurillac s’installe dans le ventre mou du classement.

La libération de la soirée : Mont-de-Marsan arrache le nul à Nevers

Au bout de la nuit, suspendu au coup de pied de son jeune ouvreur Iban Laclau (21 ans), arrivé cet été de Tyrosse en Fédérale 1, Mont-de-Marsan a arraché le match nul à Nevers et ainsi décroché ses premiers points de la saison à l’extérieur. Une libération pour les Montois, toujours bredouilles loin des Landes, et longtemps scotchés à la dernière place du classement.

Une juste récompense, surtout, pour ce Stade montois beaucoup plus consistant ces dernières semaines, au terme d’une rencontre haletante, riche de ces petites histoires qui font la grande. Ainsi, on pourrait souligner l’essai du talonneur remplaçant Joseph Laget, à dix minutes de la fin, qui pensait offrir la victoire à l’Uson pour son premier match sous ses nouvelles couleurs. Ou bien la performance du colossal numéro 8 Ioane Iashagashvili, auteur du premier essai des Montois en début de match, et encore impérial dans le « money-time » pour ferrailler au sol et pousser l’Uson à la faute. On retiendra plus que tout l’incroyable chassé-croisé entre les deux équipes et la performance de Mont-de-Marsan, capable de faire déjouer l’une des meilleures écuries de Pro D2 à domicile en 2025. Un point de caractère qui pourrait peser lourd dans la course au maintien.

Le derby de la soirée : Dax, contre vents et marées

Celui-là valait son pesant d’or, et c’est l’USD qui a raflé la mise ! On ne le répétera jamais assez, mais la saison dacquoise est d’un courage sans nom. Les Landais, sanctionnés de neuf points au classement, pointent à la douzième place à égalité avec Béziers, et n’émargent plus qu’à cinq longueurs du voisin biarrot, tombé ce vendredi soir dans les rafales du stade Maurice-Boyau. D’ailleurs, les Basques n’auront jamais réussi à profiter des conditions de jeu, malgré un vent violent qui soufflait dans le dos du BO en première période. Les Dacquois, eux, ne se sont pas trompés et ont parfaitement géré leur rencontre au retour des vestiaires, en occupant le camp adverse grâce à l’usage chirurgical du jeu au pied de pression. Sans trembler, les hommes de Vincent Etcheto gardent le cap, et peuvent plus que jamais croire en un maintien sportif qui ne serait pas volé, assurément.

Le bon coup de la soirée : Oyonnax a cogné fort

À l’image de ce que l’on a pu voir la semaine passée à Colomiers, Oyonnax s’est à nouveau déplacé avec l’envie de « cabosser » l’adversaire. C’est avec cette stratégie – cette fois payante – que les Aindinois se sont imposés sur le synthétique d’Angoulême. Pourtant, c’est Farissier qui récompensait rapidement le SA XV et mettait les Violets en tête. Par la suite, « Oyo » a réussi à prendre l’ascendant, notamment par une domination physique. Sur chaque impact, ils faisaient reculer ou empêchaient l’avancée des locaux.

Un jeu au pied de pression, là encore similaire à la stratégie face à Colomiers, mettait en difficulté le dernier rideau charentais. Si le roseau a longtemps plié, il a fini par céder. À l’usure — à l’image de ce dernier essai de Tafili —, Oyonnax réussit un coup à l’extérieur. Un de plus pour eux, qui ont déjà disputé 10 rencontres loin de Mathon et pointent à la cinquième place du classement britannique. Si le début de saison fut laborieux, ils n’ont connu que deux défaites en neuf matchs depuis début novembre et sont donc en bonne posture désormais. En face, Angoulême enchaîne une deuxième défaite consécutive et concède son quatrième revers à Chanzy.

La balade de la soirée : le CAB a fait le boulot

Béziers aura tenu une mi-temps. Valeureux, les Biterrois sont longtemps parvenus à dérégler le jeu briviste, et même à faire douter des locaux trop fébriles, dans le sillage d’un Hugo Camacho sans complexe. Mais la machine corrézienne s’est mise en route dans une deuxième période complètement déséquilibrée et riche en essais — cinq au total — pour le CAB.

Comment l’ASBH a-t-elle pu encaisser un 33-0 en quarante minutes alors qu’elle livrait une prestation intelligente et disposait d’un banc composé de plusieurs cadres ? La réponse est à mettre au crédit des Brivistes, plus précis au retour des vestiaires, et surtout beaucoup plus denses sur la ligne d’avantage, concassant des Héraultais soudainement émoussés. Avec cette victoire bonifiée, le CAB fait le boulot et conforte sa sixième place, tandis que le danger se rapproche pour Béziers, qui n’a plus que deux points d’avance sur Mont-de-Marsan, barragiste provisoire. Pour l’ASBH, le signal d’alarme est tiré.

Le regret de la soirée : Carcassonne, tout proche d’un joli coup

Si le score ne le reflète pas forcément, Carcassonne va mieux. Dans la lignée de la victoire de la semaine passée, la rencontre de ce soir l’atteste face à des Drômois que tout le monde trouve impressionnants, et à juste titre. Pour autant, la lanterne rouge du championnat a donné du fil à retordre aux locaux, ouvrant le score par Barka (7-0) et ne laissant jamais les Damiers s’échapper.

Mieux, ils menaient à la vingtième minute (14-10) et sont revenus au score à la 70ème (17-17) avant de se faire surprendre juste avant le coup de sifflet final. Des regrets se lisaient forcément sur le visage de Bernard Goutta, mais aussi un certain sentiment de fierté. En sachant gagner serré, Valence montre qu’elle a grandi et que son statut a changé. Avec ce succès, la surprise valencienne continue sa route vers les phases finales et peut rêver grand. Carcassonne reste dernier, avec trois points de retard sur les Montois.

Le choc de la soirée : 10 dernières minutes de folie au Stade des Alpes !

Au début de la saison, ce duel avait l’allure d’un match attendu à Ernest-Wallon en juin prochain pour la finale du championnat. Il se trouve qu’au classement, à la 18ème journée, trente (oui, 30 !) points séparaient les deux formations. Ce sont les Bretons qui prennent l’ascendant en début de rencontre, par leur récente recrue néo-zélandaise, ou Judd. Juste avant la pause, Soury remet Grenoble dans la course avec un essai en force soutenu par l’un des hommes de la soirée Hugo Trouilloud, auteur d’une maestria au pied.

Le momentum est grenoblois, inévitablement. Pourtant, à dix minutes du terme et dans un match très solide de part et d’autre, Michael Ruru remet Vannes devant et tout s’emballe. Le FCG n’abdique pas et revient à la 75ème par Pertaia. La fin de match est proche, et la victoire avec. Mais, sur une demi-occasion —un contre-ruck rapide des Bretons et un ballon éjecté au large— Roudil crucifie finalement les Isérois (79e). Vannes assoit ainsi sa première place et montre qu’il ne faut rien leur laisser, pas même les miettes. Grenoble, de son côté, va avoir mal à la tête en se demandant comment cette fin de match a pu lui échapper. Le bonus défensif en lot de consolation ? Cela ne suffira sans doute pas.