Par
Nicolas Stival
Publié le
24 janv. 2026 à 8h08
Si La Côte et l’Arête a quitté les lieux le 31 décembre 2025, l’immeuble du 25, boulevard de Strasbourg ne va pas rester vacant très longtemps. L’adresse du centre-ville de Toulouse accueillera d’ici peu un restaurant italien, Gruppomimo. Cette enseigne née en 2021 à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine) s’est rapidement déployée dans la région parisienne puis à Bordeaux, Rennes et Nice. Elle va imiter des chaînes déjà implantées comme Volfoni ou Prima, et débarquer dans une Ville rose qui affiche de plus en plus son goût pour les recettes transalpines.
« Depuis deux ans, il y a beaucoup d’ouvertures de restaurants italiens », confirme le Mangeur masqué. Pour le spécialiste culinaire, par ailleurs collaborateur d’Actu Toulouse, cette tendance s’explique facilement : « C’est une gastronomie qui plaît à tout le monde, aux enfants comme aux parents. On sait ce qu’on va manger, et c’est rassasiant. »
Hors des sentiers battus
Pâtes carbonara, burrata, tiramisu… Toutes ces spécialités ont depuis longtemps trouvé leur place dans les assiettes françaises, et donc toulousaines. Comme le spritz à l’apéritif. Et ne parlons même pas des éternelles pizzas.
« Rien que dans notre quartier, on compte une dizaine de pizzerias », relève Théo Paoli, le chef de Va Fanciullo !, ouvert depuis décembre au 45 de la rue Gabriel-Péri, en face du café-théâtre des 3T.

Axel Loubaresse, fils et associé du patron du restaurant toulousain « Va Fanciullo ! » et le chef Théo Paoli. (©N. Stival / Actu Toulouse)
L’établissement a pris le relais de Mamie Poule (fondues et raclettes) et donné au secteur une allure de Little Italy version haut-garonnaise. Juste à côté en effet, Pastasciutta propose depuis 1968 des pizzas au feu de bois et l’association « L’Italie à Toulouse » dispense des cours dans la langue de Dante.
« Beaucoup de restos un peu opportunistes »
« Nous voulions offrir quelque chose de différent, une carte attractive avec des plats que l’on ne peut pas retrouver partout », reprend Théo Paoli, dont les racines mènent à Bologne, Saint-Marin ou dans les Pouilles. C’est le cas avec par exemple sa braciola, ses bucatini alla putanesca côté pâtes ou encore son baba napolitain au rayon desserts.
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« Certains chefs racontent quelque chose sur un territoire, une gastronomie, apprécie le Mangeur masqué. Mais il y a aussi beaucoup de restos un peu opportunistes, qui suivent une mode, et proposent les mêmes plats. »
Bonnes adresses
Théo Paoli n’est toutefois pas seul dans sa « bataille » gustative et culturelle, pour promouvoir des saveurs transalpines sortant des sentiers battus. Le Mangeur masqué délivre quelques succulentes adresses :
- Toulouse Pasta Club (25, avenue Etienne-Billières), « avec une cheffe à la barre, qui fait ses pasta à la main et rapporte souvent ses produits de Rome » ;
- Mantesino (8, rue Maury), « un superbe resto de pâtes », tenu par « un ancien ingénieur d’origine napolitaine reconverti dans la cuisine » ;
- Spicchizzi (27, avenue Honoré-Serres) dans l’arrière-cour du bar Dada, avec son « excellent chef, lui aussi seul à la barre, qui visite les terroirs italiens chaque semaine dans son menu déjeuner, en les mixant parfois avec les produits d’Occitanie ».

Noah Amrouni devant « L’Aperozza », entre le marché Victor-Hugo et la place Wilson. (©N. Stival / Actu Toulouse)
Cependant, au royaume des restos italiens, les pizzerias restent reines. « Au niveau des fast-foods, c’est une nourriture saine avec des légumes frais et des petites portions de viande », plaide Noah Hamrouni.
Autrefois installé sur les allées Jean-Jaurès, son Aperozza niche aujourd’hui au 6, rue du rempart Villeneuve, entre le marché Victor-Hugo et la place Wilson.
Abordable pour le client, rentable pour le restaurateur
« C’est aussi un plat abordable, alors que les gens ont de moins en moins de moyens », ajoute le pizzaïolo, qui importe d’Italie sa farine et son fior di latte.
« On note un petit revival sur la pizza à Toulouse, note le Mangeur masqué. C’est un commerce très rentable. Les ingrédients vont coûter trois euros au restaurateur, qui va souvent vendre son produit à au moins 15 euros. À côté d’enseignes présentes depuis 30 ans, des jeunes s’emparent de ce plat, et proposent une pâte au levain à la napolitaine. »
Noah Hamrouni, lui, fait macérer sa pâte maison « de 18 à 24 heures » pour un résultat « léger et croustillant ». Il tient aussi à la « légèreté » de l’addition présentée à ses clients, puisque ses créations ne dépassent pas 12 euros pour l’aperozza, à la crème de truffe. « Manger une pizza avec un petit verre de vin doit rester un plaisir », conclut-il.
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