Par

Thibault Nadal

Publié le

24 janv. 2026 à 7h10

Entre eux, ils l’ont surnommé « l’arrêté de l’absurde ». Des responsables d’établissements du centre-ville sont vent debout contre une décision de la mairie. Prise en octobre dernier, elle interdit la circulation et le stationnement des cars de tourisme sur une partie du Vieux-Port et de ses environs. Depuis, les commerçants du secteur rongent leur frein et constatent une chute vertigineuse de leur chiffre d’affaires.

« Cet arrêté est un suicide pour nos établissements »

Près de trois mois après son instauration, Laurent, cogérant du Davico, une brasserie située sur la place du Général-De-Gaulle, constate que les croisiéristes qui débarquent à Marseille ne viennent plus dans le centre-ville. « Ils vont aux Terrasses du Port », explique-t-il.

C’est un coup de poignard dans le dos. Cet arrêté est un suicide pour nos établissements.

Laurent
Cogérant du Davico

Très en colère, le restaurateur regrette que ses collègues et lui n’aient pas été associés à cette décision. Ce que confirme Raphaël, gérant de La Brasserie du Soleil, solidement installé sur le Vieux-Port. « Ça a été un coup de massue. »

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Une chute drastique du chiffre d’affaires

Chez les restaurateurs, les effets sont « immédiats » et « flagrants ». « On ne travaille plus, car on a encore moins de clients qu’avant », affirme Raphaël.

Au Davico, les comptes ont été faits : la baisse est de l’ordre de -20 à 30 % sur les deux derniers mois. Sur la page Instagram du « centre-ville en danger », La Pépite, une crêperie qui compte deux adresses (rue Sainte et place Daviel), a aussi vu son chiffre d’affaires fondre de 20 % depuis novembre.

Cette situation a déjà des premières conséquences. Le Davico a dû licencier un salarié et les deux gérants ne se versent plus de salaires. Et les prévisions à venir sont « catastrophiques », abonde Raphaël.

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Une mairie opposée à ses commerçants ?

Ensemble, ils appellent la mairie à retirer cet arrêté. « C’est vital », assure Laurent. Et demandent à s’asseoir autour d’une table pour essayer de trouver les meilleures solutions.

Eux assurent avoir bien conscience des enjeux écologiques et de nuisances, soulevées par la mairie dans son arrêté. Mais ils regrettent un certain agenda politique, notamment à destination de l’électorat écologiste, à quelques mois des élections municipales.

La mairie a fait clairement le choix de convenir à son électorat. Si elle était tournée vers le commerce, elle serait venue nous voir à nous. On ne peut pas imposer son choix sans concertation.

Laurent

Une thèse appuyée par La Pépite. « Consternant de voir des élus qui une fois de plus se foutent des commerçants. »

Des alternatives à l’étude

Sollicitée par actu Marseille, la Ville explique que la mesure avait déjà été testée l’été dernier, « sans que cela ne fasse objet de contestation des commerçants ». Comme lors de sa deuxième mise en place à l’automne qui a une nouvelle fois, fait l’objet de discussions avec la Fédération nationale des transports de voyageurs Sud (FNTV).

La Ville de Marseille a eu des échanges à la fois avec les commerces et les opérateurs qui ont bien voulu échanger avec elle. Malgré leurs inquiétudes soulevées, ils ont souligné qu’ils appréciaient le fait que ce soit dans une période basse.

Municipalité à actu Marseille

Pour la future saison estivale, la Ville assure travailler avec ses partenaires « à des solutions […] permettant aux touristes de trouver toutes les solutions de déplacements à proximité du Mucem ». Une réflexion est également « sur les modalités de transport touristique les plus adaptées au centre-ville ».

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