Ce samedi à Castellón, Bryan Coquard va lancer sa quatorzième saison chez les professionnels. Et la motivation est toujours grande chez le coureur de Cofidis qui a prolongé son contrat pour deux années supplémentaires. “J’arrive dans le money-time. Se lever ou aller à l’entraînement pour le salaire à la fin du mois, ce n’est pas mon leitmotiv. Je gagne bien ma vie, je connais la valeur de l’argent, mais c’est un métier compliqué avec des sacrifices personnels et familiaux, alors il faut quelque chose qui me challenge. J’ai toujours envie de progresser et d’être meilleur”, assure-t-il à DirectVelo.
« DU TOUR À LA FIN DE SAISON, ÇA A ÉTÉ UNE GALÈRE »
En 2025, il avait commencé fort la saison avec une victoire d’étape au Tour Down Under. Mais la suite s’est avérée plus compliquée et ce dès son retour en Europe. “Autant je m’acclimate vite quand j’arrive en Australie, autant dans l’autre sens, c’est plus difficile. Ça a fumé un peu noir pendant un petit moment même si j’arrivais à être parfois performant. Ce n’était pas au niveau souhaité”.
Il s’est présenté sur le Tour de France avec seulement deux podiums acquis en Europe, une 2e place à la Roue Tourangelle et une 3e sur une étape des Boucles de la Mayenne. La Grande Boucle a été “très difficile” pour lui, avec tout d’abord cet incident difficile à vivre dès la troisième étape avec Jasper Philipsen, où il n’y était “pour rien” selon le Belge, puis un passage de musette délicat qui a provoqué son départ avant la quatorzième étape, en raison d’un doigt fracturé. “Du Tour à la fin de la saison, ça a été une galère”.
Bryan Coquard avait pourtant la volonté de bien faire en remontant sur son vélo trois jours après son opération du doigt. “Je n’ai fait que quatre jours sans vélo”. À l’ADAC Cyclassics, à Hambourg, il est arrivé pour la victoire mais handicapé par sa main, il a eu du mal à maîtriser son guidon aux 500 mètres. “Je n’étais pas à l’aise”. Et il a dû se contenter d’une 14e place à l’arrivée de la course WorldTour allemande. Après la Vuelta, où il n’a pu faire mieux que 7e sur une étape, il a constaté que son doigt s’était… refracturé. “Ça a été compliqué”, reconnaît-il.
« ME RAPPROCHER D’UN PROFIL À LA MATTHEWS »
Le « Coq » avait besoin de souffler pendant l’intersaison alors il s’est accordé une coupure de plus de six semaines. “J’ai bien rechargé les batteries”. Puis il assure s’être bien entraîné, avec plus de travail sur les efforts de puncheur que de sprinteur. De nombreux éléments l’ont poussé à partir davantage sur ce terrain-là. “Il y a l’âge déjà, sourit le coureur de 33 ans. La réalité fait que sur les sprints à plat avec mon gabarit, face aux meilleurs, c’est de plus en plus compliqué même si on ne sait jamais. Il y a aussi l’éclosion de Milan (Fretin) dans l’équipe, il a pris le leadership sur les sprints”. Il n’aurait pas été contre devenir le lanceur attitré du Belge, mais son équipe compte encore sur lui pour obtenir des résultats.
Profiter davantage de son punch que de sa pointe de vitesse, Bryan Coquard y pensait déjà l’an dernier. Mais la direction de Cofidis comptait en premier lieu sur lui pour les arrivées massives. “Finalement, ça se fait très naturellement cette année, ça me permet de me lancer un nouveau défi. C’est toujours cool et motivant. J’ai hâte de voir ça. J’espère que je vais pouvoir m’éclater là-dedans”.
Concrètement, ce changement de cap qui n’est pas non plus une révolution pour celui qui a toujours plutôt bien passé les courtes bosses va lui permettre de retrouver Milan-San Remo et l’Amstel Gold Race, trois années après sa dernière participation. Il pense également à des étapes du Tour d’Espagne. “J’ai envie de me rapprocher d’un profil à la (Michael) Matthews. Quand j’étais à mon meilleur niveau, ça pouvait m’arriver. Maintenant, j’ai envie que ce soit tout le temps”.