Augmentation du prix des cigarettes, contrebande, concurrence étrangère… Hier, les buralistes qui demandaient en urgence une réunion avec les autorités ont été reçus au siège de la direction interrégionale des douanes, à Marseille. Autour de représentants de la préfecture et du parquet, ils ont exprimé tout le malaise d’une profession, entre inquiétudes et revendications.
Aux côtés du président national de la Confédération, Serdar Kaya, et son secrétaire général, Pierre Romero, les débiteurs de tabac des Bouches-du-Rhône, où un collectif s’est monté il y a quelques semaines, exhortaient l’État à stopper immédiatement les hausses de prix et à lutter fermement contre la contrebande et la contrefaçon. Selon eux, les tabacs accuseraient une baisse de chiffre d’affaires de l’ordre de 30 % depuis 2020. « On habitue les gens à acheter en dehors du réseau officiel et nous, on coule. La lutte contre le marché noir doit être une priorité », insiste Frédéric Porchier, secrétaire général du syndicat des buralistes du 13.
La nouvelle augmentation du tarif des cigarettes au 1er janvier, allant jusqu’à 50 centimes, est la goutte qui a fait déborder le vase.
Ils appellent ainsi au rétablissement de la limite d’importation à une cartouche depuis un autre pays de l’Union européenne (règle levée en 2024), au contrôle systématique aux frontières et à une convergence fiscale minimale au niveau de l’UE afin de réduire les écarts entre pays voisins. « Quand on paye 13,50 euros un paquet de Marlboro en France et 7 euros en Italie ou en Espagne, c’est intenable. La colère part de Marseille mais tous les buralistes français sont menacés », avance Frédéric Porchier.
Si la profession s’est sentie « entendue », elle veut maintenant des actes. À court terme : gels des prix et intensification des moyens de lutte contre les trafics. Pour les buralistes, le monopole qui les lie à l’État est cassé. « Aujourd’hui, le monopole est dans la rue. Les gens ne s’arrêtent pas de fumer, ils consomment dans des réseaux parallèles », dénonce le syndicaliste avant d’appeler les bureaux à remplir les fiches « Stoptrafictabac » pour aider les autorités en signalant les points de vente illégaux qu’ils identifient.
La rencontre s’est conclue par une visite de terrain, en soutien de débiteurs récemment agressés. « Nous comptons désormais sur les remontées à Paris, c’est au niveau politique que ça peut se jouer. Si le gouvernement ne se réveille pas, on ne tiendra pas et les petits tabacs qui maillent notre territoire seront les premiers à disparaître », prévient Frédéric Porchier, soulignant que les 23 000 buralistes de l’Hexagone, dont plus de 500 dans les Bouches-du-Rhône, sont les plus gros collecteurs de taxes. « L’État a autant à perdre que nous… »
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