OLEKSANDR MAGULA / AFP
Un membre des services d’urgence ukrainiens s’efforce d’éteindre un incendie sur le site d’une attaque aérienne à Kiev, le 24 janvier 2026.
EN BREF • L’armée russe a intensifié ses attaques sur Kiev et Kharkiv, alors que des pourparlers de paix se tiennent à Abou Dhabi.
• L’Ukraine a dénoncé le « cynisme » de la Russie face à cette « nouvelle nuit de terreur ».
• Alors que les pourparlers se poursuivent ce samedi, Volodymyr Zelensky juge qu’« il est encore trop tôt pour tirer des conclusions ».
Alors qu’une deuxième journée de pourparlers entre Ukrainiens, Russes et Américains s’ouvre ce samedi 24 janvier à Abou Dhabi, l’Ukraine a dénoncé une « nuit de terreur » marquée par des frappes russes nocturnes. Ces bombardements, menés notamment sur Kiev et Kharkiv, ont fait au moins un mort et 27 blessés.
« Efforts de paix ? Rencontre trilatérale aux Émirats arabes unis ? Diplomatie ? Pour les Ukrainiens, c’était une nouvelle nuit de terreur russe », a dénoncé le ministre ukrainien des Affaires étrangères Andriï Sybiga. « Avec cynisme, Poutine a ordonné une frappe de missiles brutale et massive contre l’Ukraine au moment où des délégations se rencontrent à Abou Dhabi pour faire avancer le processus de paix mené par les Américains », a-t-il ajouté, « ses missiles ne frappent pas que les gens, mais aussi la table des négociations ».
Dans la nuit d’intenses bombardements ont frappé le nord-est du pays. Selon le président Zelensky, la Russie a frappé l’Ukraine avec 370 drones et 21 missiles dans la nuit, touchant de nombreux bâtiments civils, dont une maternité à Kharkiv.
À Kiev, des milliers d’immeubles ont de nouveau été privés d’eau, de chauffage et d’électricité, alors que les températures chutent sous les -10 °C, a indiqué le maire Vitali Klitschko. Un « état d’urgence » a déjà été déclaré par les autorités ukrainiennes pour le réseau énergétique, ciblé presque quotidiennement par les frappes russes qui provoquent des coupures d’électricité et de chauffage d’ampleur alors que les températures sont glaciales.
La question du Donbass au cœur des négociations
Ce samedi, les négociateurs russes, ukrainiens et américains doivent reprendre leurs discussions à Abou Dhabi pour mettre fin à quatre ans de guerre en Ukraine. Les Européens n’ont pas été invités à participer ces discussions.
L’épineuse question du territoire du Donbass constitue le principal nœud des négociations. Annonçant des pourparlers difficiles, le Kremlin a répété en préambule exiger de Kiev un retrait de ses forces de ce bassin minier de l’est de l’Ukraine, aujourd’hui en grande partie contrôlé par la Russie. « Les forces armées ukrainiennes doivent quitter le Donbass, elles doivent s’en retirer », a ainsi déclaré vendredi le porte-parole de la présidence russe, Dmitri Peskov, « sans règlement de la question territoriale (…), il est inutile d’espérer la conclusion d’un accord de long terme ».
« Encore trop tôt pour tirer des conclusions »
Selon le négociateur en chef ukrainien, Roustem Oumerov, les premiers entretiens vendredi ont porté « sur les paramètres permettant de mettre fin à la guerre menée par la Russie et sur la suite logique du processus de négociation visant à progresser vers une paix digne et durable ».
Ces pourparlers sont les premières négociations directes connues entre Moscou et Kiev sur le plan américain de règlement de cette guerre qui a fait des dizaines de milliers de morts depuis 2022. Côté russe, la délégation est menée par le général Igor Kostioukov qui dirige le renseignement militaire (GRU). Washington est notamment représenté par les émissaires spéciaux Steve Witkoff et Jared Kushner, le gendre de Donald Trump.
« Il est encore trop tôt pour tirer des conclusions », a déclaré à l’issue des premières discussions vendredi le président ukrainien Volodymyr Zelensky. « Il est nécessaire que non seulement l’Ukraine souhaite mettre fin à cette guerre et atteindre une sécurité totale, mais qu’une volonté similaire apparaisse aussi en Russie », a-t-il ajouté.
Sur le front, les troupes ukrainiennes sont sur le recul depuis près de deux ans face à un adversaire plus nombreux et mieux armé, Kiev dépendant en grande partie du soutien financier et militaire occidental.