Vous étiez là en 2016 ? Quand Game of Thrones était un phénomène culturel inédit et que Stranger Things arrivait à peine sur nos écrans ? Il y a dix ans, l’auteure de ses lignes faisait la queue pour obtenir de bonnes places à la première projection de Captain America : Civil War. Elle trépignait à l’idée de découvrir Les Animaux fantastiques sur le grand écran et avait l’espoir que Suicide Squad soit le renouveau qu’elle espérait au sein d’un DCU qui avait encore à faire ses preuves.

C’est aussi l’année où le grand public faisait la rencontre de Deadpool et où World of Warcraft tentait sa chance au cinéma. Une bonne année pour les geeks… Vraiment ? Alors que les recherches pour le terme “2016” ont bondi de 452% la première semaine de janvier, qu’une frénésie nostalgique s’empare du monde, on s’est demandé si l’année 2016 était aussi bien que ça au cinéma. Et surtout, il reste quoi de ces licences dix ans après ?

Les superhéros avaient la cote

Team Iron Man ou Team Cap ? En 2016, les fans du MCU étaient partagés entre leur allégeance au tout premier Avenger et leur amour pour le milliardaire campé par Robert Downey Jr. La Maison des idées avait tout misé sur la rivalité entre les personnages, comme un revival du débat Edward et Jacob dans Twilight.


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Sur les réseaux sociaux, encore eux, on partageait sa petite photo en salles avec le hashtag de son choix, celui qui affichait son allégeance à l’un ou l’autre des camps. Il y avait aussi la perspective de découvrir un nouveau Spider-Man, de revoir le tisseur de toile après les controversés films de James Webb.

DC en plein boom

Chez DC, 2016 c’était surtout l’année des promesses. Après Man of Steel, Warner Bros accélérait la cadence avec deux films la même année. Batman v Superman : l’aube de la justice d’abord mais aussi et surtout Suicide Squad. Les fans étaient en émoi, le studio avait promis que la prochaine étape serait la Justice League. La réunion était très anticipée par les lecteurs comics autant que les spectateurs de la série animée.

Deadpool montrait qu’un autre superhéros était possible

En marge de tout ça, il y avait le petit nouveau. Né sur les cendres des X-Men, Deadpool était un peu l’ovni au milieu d’une grosse machine superhéroïque. Porté par Ryan Reynolds, le film devait a priori s’adresser aux fins connaisseurs. Rapidement, il a dépassé le cercle d’initiés pour s’imposer comme un renouveau du genre, alors même qu’il était encore à son sommet.

Deux licences toujours debout… à peine

On ne savait pas à quel saint se vouer, pas où donner de la tête. On a bien mangé cette année-là, avec de franches réussites et des échecs notables. Suicide Squad était l’un d’entre eux, un film qui n’a pas tenu ses promesses et qui a fait date dans l’histoire des navets du genre.

Dix ans plus tard, le DCU nous a redonné espoir sous la houlette de James Gunn et sans les casseroles de son aîné. La nouvelle licence a délivré un Superman délicieusement optimiste, tendre et lumineux, comme s’il avait compris que, pour faire naître Batman comme il se doit, ce DC Studio réformé devait convoquer la lumière avant d’y ajouter l’ombre. En 2016, on n’aurait pas misé un kopek sur la franchise après la déception Batman v Superman.

Dossier 2016 Cinéma Geek4© Warner Bros

Chez Marvel en revanche, l’effervescence de l’avant Infinity War a laissé place à la léthargie de l’après Endgame. Alors que le MCU faisait rêver en 2016, la décennie suivante a montré ses limites… Depuis 2019, la firme ne sait plus comment gérer son immense galerie de personnages, elle ne parvient plus à réunir de la même manière. 2026 doit être l’année où Doomsday remet dans l’ordre dans tout ça. Mais comme on n’a plus 20 ans, qu’on a été déçus par nombres des propositions du MCU, on y croit plus vraiment.

Star Wars nous mettait des étoiles dans les yeux

Hasard du calendrier ou non, Star Wars fait son grand retour au cinéma en 2026. Après sept ans d’absence, la licence confie à Mando et Grogu la responsabilité d’attirer les foules. Conclusion de la série Disney+, le film de Jon Favreau est attendu au tournant. Après la déception L’Ascension de Skywalker, Lucasfilm espère que, loin des Jedi et des Siths, le public retrouvera sa passion pour l’imaginaire de George Lucas.

En 2016 aussi, le studio empruntait un chemin détourné pour approfondir la mythologie. Sous l’égide Gareth Edwards, Rogue One questionnait la nature du héros et la notion de sacrifice pour le bien commun avec une pertinence rarement vue dans la galaxie très très lointaine. Il faut admettre qu’en 2016, on se demandait ce que cherchait à faire Kathleen Kennedy. Rogue One n’apparaissait être que du remplissage, une manière de tirer profit de la tout juste acquise licence Star Wars et d’occuper l’espace entre deux métrages de la saga principale. C’est donc avec une appréhension à peine déguisée qu’on s’est rendu au cinéma un 14 décembre pour découvrir ce qui s’est rapidement imposé comme notre préféré au sein de cette nouvelle mouture.

Dossier 2016 Cinéma Geek6© Lucasfilm

Maintenant, on a encore du mal à se remettre du final d’Andor sur Disney+, dérivée de Rogue One, et on se dit que c’était sans doute là que Lucasfilm aurait dû aller dès le début. Pas en multipliant le fan service comme dans Le Réveil de la Force, pas en piétinant le lore avec L’Ascension de Skywalker (remarquez comme on ne mentionne pas le sous-estimé Les Derniers Jedi) mais en utilisant Star Wars comme une opportunité de raconter une nouvelle histoire de lutte du bien contre le mal à travers des personnages captivants.

Harry Potter revenait… sans Harry Potter

En 2016, la machine nostalgique fonctionnait à plein régime (s’est-elle jamais arrêtée ?) et Warner Bros tirait profit de la popularité d’Harry Potter. Avec Les Animaux Fantastiques, un manuel scolaire adapté au cinéma, la franchise délaissait Poudlard pour explorer New York aux côtés d’un magizoologiste un peu dépassé. David Yates avait quelques jolis arguments sous la manche, pour une exploration du lore qui n’avait aucun risque d’entacher le chemin parcouru.

On avait apprécié le voyage, sans être complètement convaincu, mais les choses se sont gâtées rapidement. Pour quelques millions de dollars de plus au box-office, Warner Bros a accouché d’une suite plus nébuleuse et moins réjouissante.

Dossier 2016 Cinéma Geek5© Warner Bros

C’est néanmoins en 2022 que ce qui devait être une saga cruciale pour l’industrie cinématographique s’est transformé en catastrophe industrielle. Avec Les Secrets de Dumbledore, Les Animaux fantastiques a signé son arrêt de mort et les deux autres films promis ont été rayés de la carte.

2026, on recommence

Maintenant, le studio fait le choix de la facilité et de la sécurité avec une nouvelle adaptation des romans originaux. En 2027 sur HBO Max, des nouveaux Harry, Hermione et Ron vont remplacer ceux avec lesquels on a grandi. Et c’est sans doute là que la trend “2026 is the new 2016” prend tout son sens. Il est moins question de nostalgie que de la manière dont toute la pop culture du milieu des années 2010 s’apprête à changer de visage. Comment elle veut et doit se réinventer pour conquérir une nouvelle génération de spectateurs et convaincre les anciens que le jeu en vaut toujours la chandelle.

Qu’est-ce qui s’est brisé… ou transformé ?

On le disait plus haut, 2026 est aussi une année pivot pour la culture geek. Déjà parce que la plupart des licences qui nous ont fait vibrer sont en difficulté, mais aussi et surtout parce qu’une nouvelle génération de spectateurs va découvrir ces univers sous un nouvel angle. Robert Downey Jr n’est plus Iron Man, il est Doctor Doom.

Superman n’a plus les traits d’Henry Cavill et surtout Star Wars évolue loin de la Force pour se concentrer sur les aventures d’un chasseur de primes et de son compagnon vert. Les adaptations de jeux vidéos sont dorénavant d’immenses succès commerciaux et critiques, là où les joueurs de WOW portent encore les stigmates de l’adaptation de Duncan Jones.

Le hasard veut que l’année 2026 soit aussi celle où les derniers millennials entrent dans la trentaine (ne remuez pas le couteau dans la plaie). Comme s’il était enfin temps de tourner la page et de se consacrer à d’autres univers et imaginaires. Comme nos collègues un peu plus âgés bavent devant des figurines de Goldorak et nous répète que Star Wars “C’est la trilogie originelle et rien d’autre”, on est voués à dire inlassablement “C’était mieux avant”. 10 ans après 2026, on n’a plus l’âge pour toutes ses c*nneries ?

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