• Le Nord et le Pas-de-Calais ont interdit les rassemblements « Overlord ».
  • Un groupe de l’ultra-droite britannique était à l’origine de ces raids anti-migrants.
  • Un rassemblement devait avoir lieu samedi sur le littoral du nord de la France.

Une vague de haine xénophobe venue du Royaume-Uni a bien failli déferler sur le littoral français. Mais les préfectures du Nord et du Pas-de-Calais ont pris un arrêté interdépartemental interdisant l’opération « Overlord ». Annoncé pour ce samedi 24 janvier dans le nord de la France, ce rassemblement aux airs de raids anti-migrants (nouvelle fenêtre)était organisé à l’initiative de militants de l’ultra-droite britannique.

Des raids pour se « substituer » aux autorités

Dans un communiqué conjoint, le préfet du Nord et celui du Pas-de-Calais alertent sur la présence récurrente sur le littoral « de militants issus de la mouvance ultra-droite britannique », citant notamment les membres du mouvement Raise The Colours (nouvelle fenêtre), « impliqués dans des actions d’intimidation à l’encontre des personnes migrantes et des associations humanitaires ». Ces agissements, « largement diffusés sur les réseaux sociaux », s’inscrivent « dans une idéologie xénophobe et anti-immigration » (nouvelle fenêtre). Autant d’éléments qui, pour Bertrand Gaume et François-Xavier Lauch, « créent un risque manifeste de troubles à l’ordre public ».

C’est donc afin de « prévenir toute confrontation ou atteinte à la sécurité des personnes », que les deux préfectures du nord du pays ont décidé d’interdire tout rassemblement « de membres revendiqués du mouvement Raise The Colours » dans les arrondissements de Dunkerque, Calais, Boulogne-sur-Mer, Montreuil-sur-Mer et Lille de vendredi soir à lundi matin. Pour faire face à toute tentative d’actions (nouvelle fenêtre) de la part de ces militants, les forces de l’ordre seront « pleinement mobilisées ». Les « membres de ces mouvements contrôlés par les forces de l’ordre seront reconduits à la frontière », ajoutent les autorités. Au-delà de faire appliquer cet arrêté, les forces de l’ordre auront aussi pour mission de « protéger les personnes migrantes » et « garantir la sécurité de tous sur le littoral ».

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Parmi les instigateurs du mouvement, mené par la branche considérée comme la plus « radicale » du mouvement Raise The Colours, on peut citer Daniel Thomas. Interdit de territoire français, il publie régulièrement des discours anti-France sur ses réseaux sociaux, s’en prenant récemment aux « bâtards de Français ». Plaidant pour une « réponse vraiment très, très forte », il est à l’origine de l’opération baptisée « Overlord ». Un nom en référence au nom de code du débarquement anglo-américain de 1944 en Normandie. « Le 24 janvier marque un tournant », menaçait-il sur Instagram. « C’est à ce moment-là que les décisions ne sont plus prises par les politiciens ni par les institutions mais par des citoyens anglais et britanniques ordinaires qui refusent de rester les bras croisés. » Selon les autorités, cette opération visait effectivement « à se substituer aux autorités de police françaises afin d’empêcher » des départs de migrants vers le Royaume-Uni, explique l’arrêté consulté par l’AFP.

FS avec AFP