- Le Pentagone a publié, vendredi 23 janvier, sa nouvelle « Stratégie » de défense nationale 2026, une feuille de route pour les années à venir.
- Selon ce document, les États-Unis ne considèrent plus la Chine et la Russie comme une menace grave.
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Venezuela : Nicolas Maduro capturé par les États-Unis
C’est un document de 30 pages qui en dit long sur les intentions américaines en matière de défense. Le Pentagone a publié vendredi 23 janvier sa nouvelle « Stratégie » de défense nationale 2026, une feuille de route qui décrit pour les années à venir les menaces auxquelles sont confrontés les États-Unis et les moyens d’y faire face. Cette nouvelle mouture marque une rupture radicale avec la politique passée du Pentagone, tant par l’accent mis sur le fait que les alliés des États-Unis doivent assumer davantage la responsabilité de leur défense que par un ton plus modéré à l’égard de la Chine et de la Russie.
L’armée américaine entend privilégier désormais la sécurité intérieure et la maîtrise de la Chine, tout en apportant un soutien « plus limité » à ses alliés d’Europe et d’ailleurs. « Tandis que les forces américaines se concentrent sur la défense de leur territoire et de la région indo-pacifique, nos alliés et partenaires assumeront la responsabilité de leur propre défense, avec un soutien essentiel mais plus limité de la part des forces américaines », indique le document (nouvelle fenêtre), publié ce vendredi 23 janvier à l’issue d’une semaine de crise inédite entre Washington et ses alliés de l’Otan concernant le Groenland (nouvelle fenêtre).
La Russie, une menace « gérable »
La précédente Stratégie de défense nationale, publiée sous la présidence du démocrate Joe Biden, décrivait la Chine comme le défi le plus important pour Washington, et affirmait que la Russie représentait une « menace grave ». Mais le nouveau document préconise, lui, des « relations respectueuses » avec Pékin, sans faire aucune mention de Taïwan (nouvelle fenêtre), allié des États-Unis, que la Chine revendique comme son territoire. La menace russe est décrite comme « persistante mais gérable ». Quant à l’Iran et la Corée du Nord, tous deux sont mentionnés dans le document, mais sans être mis en avant pour autant.
Les stratégies de défense de Joe Biden (nouvelle fenêtre) et de Donald Trump soulignent toutes deux l’importance de la défense de la sécurité intérieure, mais leurs descriptions des menaces existantes diffèrent considérablement. Le Pentagone « donnera la priorité aux efforts visant à fermer nos frontières, à repousser toute forme d’invasion et à expulser les étrangers en situation irrégulière », peut-on lire dans le document de 2026. Joe Biden s’était, lui, concentré sur la Chine et la Russie, affirmant qu’elles représentaient « des défis plus dangereux pour la sécurité et la sûreté intérieure » que toute menace terroriste.
L’analyse de Jérémy Ghez sur la Stratégie nationale 2026Source : TF1 Info

L’Amérique latine, une priorité absolue
À l’instar de la Stratégie de sécurité nationale publiée par la Maison Blanche début décembre (nouvelle fenêtre), le Pentagone place l’Amérique latine au premier rang des priorités américaines. Au cours des derniers mois, les États-Unis ont mené une trentaine de frappes contre des embarcations de trafiquants présumés (nouvelle fenêtre), ayant fait plus de 110 morts dans les Caraïbes et le Pacifique. Le Pentagone « rétablira la domination militaire des États-Unis au sein du continent américain. Nous l’utiliserons pour protéger notre patrie et notre accès aux zones clés de la région », peut-on lire dans le document.
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Il s’agit du « Corollaire Trump à la doctrine Monroe », souligne la feuille de route. Le président américain avait justifié l’opération de capture de son homologue vénézuélien Nicolas Maduro (nouvelle fenêtre) par la nécessité de restaurer la suprématie incontestée des États-Unis sur l’ensemble des Amériques, un signal qui pourrait inspirer la Chine et la Russie. Il avait présenté cette opération nocturne à Caracas, la capitale du Venezuela, comme une remise au goût du jour de la doctrine Monroe, il y a plus d’un siècle, considérant que l’Amérique latine est la chasse gardée des États-Unis.
Enfin, sans grande surprise, les es dangers liés au changement climatique, que l’administration Biden avait identifiés comme une « menace émergente », ne figurent plus dans la feuille de route du Pentagone.
M.D. avec AFP
