En ce premier jour du week-end, ce samedi 24 janvier, le froid quartier d’affaires d’Arenc (2e) est désert. Devant la tour La Marseillaise, ils sont une quinzaine à s’être retrouvés comme c’est le cas pour la troisième année, à l’appel du collectif Saint-Jean 24 janvier 1943, pour déposer une gerbe au pied du totem de la halte SNCF d’Arenc. Le seul endroit suffisamment symbolique dans le quartier pour rappeler cet épisode du passé.
Il y a 83 ans, au terme de trois jours d’expulsions menées par la police française, près de 2 000 personnes – juifs, immigrés italiens, résistants – avaient été embarquées là dans des wagons à bestiaux. Une partie sera transférée à Fréjus, d’autres à Compiègne ou Drancy pour les mener ensuite dans les camps d’extermination nazis. « Nous n’avons pas été évacués mais raflés », assène Antoine Mignemi, président du collectif.
Installer un ancien wagon à bestiaux à Arenc
L’avocat Pascal Luongo insiste sur le poids et l’importance des mots : « Le 24 janvier 1943, les autorités avaient parlé d’évacuation du quartier Saint-Jean pour que la population ne se méfie pas et ne se rebelle pas. C’était une ruse. Aujourd’hui, employer encore ce terme d’évacuation, c’est répét…