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Près d’un enfant meurt chaque semaine sur les routes françaises, et la moitié des victimes sont passagers d’un véhicule. Une nouvelle étude du projet OURSE révèle que malgré des progrès dans l’usage des sièges auto, près de deux enfants sur trois sont encore mal installés.
Près d’un enfant par semaine perd la vie sur les routes françaises. En 2024, 46 enfants sont décédés et 14 000 ont été blessés, dont 700 grièvement, selon les chiffres de l’Observatoire national interministériel de la sécurité routière (ONISR). Plus alarmant encore : plus d’un enfant tué sur deux était passager d’un véhicule. Face à ce constat, les partenaires du projet OURSE ont mené une vaste étude pour évaluer la sécurité des enfants en voiture.
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Que dit l’étude ?
Menée à partir d’analyses d’accidents et d’observations de terrain, l’étude met en lumière des progrès importants, mais aussi des erreurs encore trop fréquentes. Lors de la dernière enquête de terrain, 301 enfants ont été observés à bord de véhicules. Résultat : 89 % des enfants de moins de 10 ans utilisent désormais un siège auto, soit une hausse de 9 points par rapport à 2018. Chez les nourrissons, 86 % sont installés dos à la route, une pratique pourtant essentielle pour leur sécurité, en augmentation de 15 points. La fixation ISOFIX s’est également largement imposée pour les sièges à harnais.
Des erreurs encore trop fréquentes
Des avancées encourageantes, qui ne suffisent toutefois pas à garantir une protection optimale. Près de deux enfants sur trois présentent au moins une erreur d’installation. Harnais mal positionné ou insuffisamment serré, ceinture vrillée, point d’ancrage ISOFIX oublié.
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Près de 78 % des parents estiment que leur enfant est correctement installé. Pourtant, parmi ces cas, 59 % des enfants observés étaient en réalité mal attachés. L’analyse d’accidents mortels renforce ce constat. Entre 2021 et 2023, 100 passagers de moins de 14 ans décédés en voiture ont été étudiés. Dans près de la moitié des cas, soit 46 %, l’enfant était mal installé ou utilisait un dispositif inadapté. Les blessures les plus graves concernaient principalement la tête (54 %), la colonne vertébrale (15 %) et le thorax (13 %). Selon les chercheurs, une installation correcte aurait permis de réduire la gravité des blessures pour un enfant sur deux.
Face à ces chiffres, l’objectif affiché est clair : zéro enfant tué sur les routes. L’association Prévention Routière multiplie les actions de sensibilisation, notamment à travers le programme Mobilisafe, soutenu par la Fondation Renault, et des interventions auprès des familles et des établissements scolaires.