Pour le prince Harry, le président américain a dépassé les limites de l’acceptable. Dans une interview diffusée ce 22 janvier sur la chaîne américaine Fox News, Donald Trump a continué de mener sa croisade contre le Vieux continent en critiquant, voire minimisant, le rôle de l’Otan et de ses autres pays membres, dans le conflit qui a opposé, pendant 20 ans, les États-Unis à l’Afghanistan. « Ils diront qu’ils ont envoyé des troupes en Afghanistan… Et c’est vrai, mais ils étaient un peu en retrait, plus loin que la ligne de front », déclare-t-il calmement en précisant que son pays n’a jamais eu besoin des autres. Il n’en fallait pas plus au prince Harry, qui a servi l’armée britannique pendant dix ans, pour réagir.
Le prince Harry à Camp Bastion en Afghanistan, où il servait avec les 662 Sqd Army Air Corps, le 12 décembre 2012. © John Stillwell/PA Wire/ABACAPRESS.COM
« J’y ai servi. J’y ai noué des amitiés pour la vie. Et j’y ai perdu des amis. Le Royaume-Uni à lui seul a déploré la mort de 457 membres de ses forces armées », assène le duc de Sussex dans un communiqué ce 23 janvier. « Des milliers de vies ont été bouleversées à jamais. Des mères et des pères ont enterré leurs fils et leurs filles. Des enfants ont été privés d’un parent. Des familles portent encore le poids de ces pertes », ajoute-t-il, visiblement ému et en colère. Sans jamais nommer le leader américain, il poursuit. « Ces sacrifices méritent d’être évoqués avec vérité et respect, alors que nous restons tous unis et attachés à la défense de la diplomatie et de la paix ».
« Les alliés ont répondu à cet appel »
La voix d’un soldat, mais pas n’importe lequel. Fils cadet de Charles III, le prince Harry a servi deux fois en Afghanistan, d’abord entre 2007 et 2008, puis entre 2012 et 2013, dans l’armée de terre puis comme pilote d’hélicoptère Apache. Il en est revenu avec des souvenirs indélébiles, et un immense et profond respect des vétérans, au point d’avoir fondé les Invictus Games à son retour – jeux sportifs pour anciens soldats. Indigné par les propos de celui qui préside le pays dans lequel il a trouvé refuge en 2020 avec son épouse Meghan et leurs enfants Archie et Lilibet, le duc de Sussex tient à rappeler l’essentiel : « En 2001, l’OTAN a invoqué l’article 5 pour la première — et unique — fois de son histoire. Cela signifiait que chaque nation alliée était tenue de se tenir aux côtés des États-Unis en Afghanistan, dans la défense de notre sécurité commune. Les alliés ont répondu à cet appel ».
Le duc de Sussex quitte les Royal Courts of Justice à Londres, après avoir assisté au 4e jour d’audience de son procès contre Associated Newspapers Limited (ANL), le 22 janvier 2026 à Londres. © Aaron Chown/PA Wire
Alors qu’il n’est plus membre actif de la famille royale, le prince Harry se permet de prendre position. Libre de sa parole, c’est en tant que citoyen britannique, soldat, ami et père qu’il prend la parole alors même que Charles III ou le prince William ne peuvent faire de même, du fait de leur statut. Une fraîcheur et une spontanéité qui ont toujours caractérisé le cadet du souverain, et qui font couler beaucoup d’encre outre-manche.
Le soutien de Meghan
Quelques heures après la publication de ce communiqué, c’est Meghan qui se joint à la fronde. Sur son compte Instagram, l’épouse du prince Harry publie plusieurs clichés en story, rappelant le rôle de son époux pendant la guerre et à quel point celui-ci est impliqué auprès des vétérans ayant servi au côté des États-Unis. Outre les 457 soldats décédés au combat, des milliers ont été blessés, plaçant le Royaume-Uni à la seconde place du classement du plus grand nombre de soldats tués en Afghanistan, après Washington.
Meghan partage, dans sa story Instagram, une photo du prince Harry en uniforme, le 24 janvier 2026. © Instagram / Meghan
Le prince Harry et Meghan, au World Mental Health Day Gala, le 9 octobre 2025 à New York. © John Angelillo/UPI/ABACAPRESS.COM
C’est aussi ce qu’avait rappelé le Premier ministre Keir Starmer quelques heures avant la réaction du prince Harry, furieux contre Donald Trump. « Je considère les propos du président Trump comme insultants et, franchement, révoltants, et je ne suis pas surpris qu’ils aient causé une telle douleur aux proches de ceux qui ont été tués ou blessés, et plus largement encore, à travers tout le pays », a-t-il dénoncé, exigeant des excuses, outré comme le reste de la classe politique.
Donald Trump, à côté de la princesse de Galles, au banquet d’état donné pour lui par Charles III au château de Windsor, le 17 septembre 2025. © Yui Mok/PA Wire/ABACAPRESS.COM
La Maison-Blanche ne l’entend pas de cette oreille et s’est contentée de doubler les propos du président américain d’une déclaration : « Le président Trump a entièrement raison. Les États-Unis ont plus fait pour l’Otan que tous les autres pays de l’alliance combinés ». Le milliardaire a la casquette rouge, lui, n’a pourtant pas donné beaucoup de son temps à l’armée américaine. Seul président américain moderne à n’avoir jamais été enrôlé, il avait été dispensé de service pour raisons médicales.
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