Melanie Hasler savoure quelques jours de calme après ses deux titres européens en bob remportés à Saint-Moritz, avant de se tourner vers les Jeux olympiques de Milan-Cortina (6-22 février). L’Argovienne rêve d’une médaille, mais pour cela, «beaucoup de choses» doivent s’aligner.

Melanie Hasler vient de décrocher deux titres européens à Saint-Moritz.

Melanie Hasler vient de décrocher deux titres européens à Saint-Moritz.

KEYSTONE

Après ses excellents résultats obtenus aux Grisons, Melanie Hasler a renoncé à la finale de la Coupe du monde à Altenberg. D’une part, sa place dans le groupe de tête pour les JO, tant en monobob qu’en bob à deux, était assurée. D’autre part, elle souhaitait aussi envoyer un signal, estimant que les responsables de la piste allemande n’ont pas fait suffisamment pour améliorer la sécurité, deux ans après le terrible accident du pousseur suisse Sandro Michel.

«Il s’agit aussi d’une question de principe, car ils ne font rien», regrette-t-elle. «Sandro se bat encore au quotidien avec les conséquences du manque de sécurité.» C’est pourquoi elle a boycotté les courses d’Altenberg, tout comme son compagnon Michael Vogt, le pilote de Michel à l’époque.

De rares journées calmes

Pour la bobeuse de 27 ans, ce renoncement a eu un effet secondaire appréciable. Elle dispose d’un peu de temps libre pour souffler avant le grand rendez-vous olympique. «J’en suis vraiment contente», dit-elle. «Je peux calmer tout mon système nerveux, qui était extrêmement sollicité ces derniers temps. Et je n’ai pas besoin de caser tous mes rendez-vous dans une seule semaine.»

Elle profite de ce temps chez elle, partageant son quotidien entre Mutschellen et les entraînements dans le canton de Zoug. Mutschellen, Argovie, précise celle qui ne veut pas être prise pour une Zurichoise.

«Je suis la première Argovienne de notre famille», s’amuse Melanie Hasler. Sa famille a quitté Zurich peu avant sa naissance. Grâce à sa mère dominicaine, Hasler parle couramment l’espagnol et aime la chaleur. «Je ne suis clairement pas une personne d’hiver. Quand il fait froid, il m’est déjà arrivé de regretter mon changement de sport.»

Mais seulement brièvement, car elle adore sa discipline. À l’origine, Hasler jouait au volleyball, d’abord en salle, puis sur le sable. «Le beachvolley, c’est magnifique, mais les gens sous-estiment aussi beaucoup ce sport», raconte-t-elle. «Lors de certains camps d’entraînement en Italie ou en Turquie, il pouvait faire jusqu’à 40 degrés.»

En raison de son excellente détente, elle a ensuite reçu une proposition pour tenter sa chance dans le canal de glace.

Un rêve, pas une obligation

Désormais, toute son attention se porte sur le point culminant des quatre dernières années. Avant la saison, Melanie Hasler avait expliqué que ses objectifs dépendraient aussi du déroulement des courses précédant les JO. Lors de sa première participation olympique, il y a quatre ans en Chine, elle avait terminé 6e et 7e. Vise-t-elle cette fois une médaille?

«Rien n’est obligatoire», assure-t-elle. «Mais je rêve d’une médaille.» Son état d’esprit est le même qu’avant les Championnats d’Europe. «Là aussi, je disais que ce serait difficile, mais que je rêvais d’une médaille. J’ai exactement la même attitude aujourd’hui.» Elle sait toutefois qu’il faudra pour cela que «beaucoup de choses» s’alignent.

Un élément incite à la prudence: ses performances lors des premières courses de l’hiver disputées sur la nouvelle piste de Cortina d’Ampezzo. En monobob, elle a signé une première manche brillante, avant de rétrograder de la 1re à la 7e place lors de la seconde, sans comprendre précisément pourquoi. En bob à deux, elle a en revanche identifié le problème: son engin était tout simplement trop lent, surtout dans la partie basse de la piste.

Avec le bob à deux de son compagnon

Elle a pu résoudre ce problème en utilisant désormais le traîneau de son compagnon Michael Vogt. «Il me le proposait déjà depuis un moment, et je n’ai pas l’argent nécessaire pour acheter un nouveau bob», explique-t-elle. «Je lui suis extrêmement reconnaissante pour sa générosité.»

Melanie Hasler est également bien armée au départ. Sa pousseuse attitrée, Nadja Pasternack, avec laquelle elle avait déjà concouru aux Jeux de Pékin il y a quatre ans, est revenue très fort il y a un an après une pause maternité et a encore franchi un cap.

«Je m’entends bien avec toutes mes pousseuses», souligne-t-elle. «Mais avec Nadja, c’est particulier, parce que nous avons déjà vécu des Jeux olympiques ensemble.»