À l’heure où même les citadines sont bardées d’assistances, certaines marques choisissent encore de défier les lois du marché. Donkervoort fait partie de cette poignée d’irréductibles. Et avec la nouvelle P24 RS, le constructeur néerlandais va plus loin encore : aucun ABS, aucun ESP, aucune direction assistée. Juste un volant, une boîte manuelle, et deux mains pour les tenir.

L’engin pèse moins de 800 kg, affiche 600 ch issus d’un V6 biturbo maison, et promet des performances de supercar, tout en vous laissant seul face à vos réflexes. De quoi faire passer une Caterham pour une GT confortable. Un véritable exercice de pureté, réservé à quelques passionnés triés sur le volet.

Mais cette radicalité a un prix : près de 300 000 € l’exemplaire, et seulement 150 unités produites. La Donkervoort P24 RS n’est pas une voiture pour le week-end. C’est une déclaration de guerre au confort moderne. Et elle ne fera aucune prisonnière.

Profil de la Donkervoort P24 RS, supercar ultra-légère de 2026

Avec ses proportions extrêmes et son châssis carbone, la P24 RS revendique un poids de seulement 780 kg. © Donkervoort
Donkervoort P24 RS : un ovni venu des Pays-Bas

Dans l’univers ultra codifié des supercars, Donkervoort continue de tracer sa propre route, loin des circuits commerciaux classiques. Avec la P24 RS, la firme hollandaise ne propose pas une énième déclinaison survitaminée d’un modèle existant, mais bien un manifeste automobile à part entière, pensé pour ceux qui considèrent la conduite comme une discipline, pas comme une fonction.

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Basée sur la P24 présentée en 2023, cette version RS pousse tous les curseurs vers l’extrême. Le châssis est entièrement en fibre de carbone, la structure centrale adopte une cellule type « safety cell » inspirée de l’univers du sport auto, et chaque kilogramme superflu a été traqué sans relâche. Résultat : 780 kg à vide sur la balance, soit près de 300 kg de moins qu’une Alpine A110 R.

Le design, sans surprise, reste fidèle à l’ADN Donkervoort : minimaliste, agressif, à la frontière entre monoplace et voiture de route. Mais sous cette carrosserie anguleuse se cache une mécanique d’une rare violence.

Avant de la Donkervoort P24 RS avec calandre basse et phares effilés

L’avant sculpté et les ailes saillantes évoquent la radicalité de la philosophie Donkervoort : zéro filtre. © Donkervoort
780 kg, 600 ch, propulsion et boîte manuelle : un cocktail explosif

Le cœur de la P24 RS, c’est un V6 biturbo conçu en interne par Donkervoort à partir d’un bloc Audi retravaillé, délivrant 600 ch et 650 Nm. Pas d’hybridation, pas d’électrification, et pas de boîte robotisée : la puissance est envoyée aux roues arrière via une boîte manuelle à 5 rapports. Une configuration aujourd’hui quasi unique à ce niveau de puissance.

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Avec un rapport poids/puissance de 769 ch/tonne, cette Donkervoort tutoie les performances d’une Bugatti Chiron Pur Sport, mais dans un format compact, sans transmission intégrale, et sans filet. Le 0 à 100 km/h est abattu en 2,6 secondes, et le 0 à 200 en moins de 7 secondes.

Pour faire passer toute cette cavalerie, Donkervoort a développé des pneus semi-slicks sur mesure avec Nankang, un différentiel autobloquant mécanique, et un système de suspensions réglables conçu pour encaisser les contraintes de la piste… tout en gardant une homologation routière.

Intérieur de la Donkervoort P24 RS, volant simple et boîte manuelle

Pas d’écran, pas d’aides, juste l’essentiel : la position de conduite est pensée pour l’engagement total. © Donkervoort
Un retour au pilotage pur, sans électronique

Ce qui distingue vraiment la P24 RS, ce ne sont pas ses chiffres, mais son absence volontaire d’assistance. Pas d’ABS. Pas d’ESP. Pas de direction assistée. Pas même de servofrein. Chaque action du conducteur a une conséquence immédiate, sans correction ni indulgence. C’est une voiture à l’ancienne, mais avec des performances d’aujourd’hui.

Ce choix radical n’est pas une coquetterie d’ingénieurs. C’est une déclaration philosophique. Donkervoort veut rappeler que la maîtrise d’un véhicule ne doit rien à un algorithme, et que le plaisir de conduite ne se mesure pas en boutons, mais en frissons.

En contrepartie, le constructeur a soigné l’ergonomie : le pédalier est parfaitement aligné pour le talon-pointe, la boîte de vitesses a des débattements courts et mécaniques, et le volant se passe volontiers d’assistance tant la direction est directe.

Arrière de la Donkervoort P24 RS avec diffuseur et feux LED compacts

Un diffuseur imposant, une poupe ramassée : tout est pensé pour l’appui et la performance sur circuit. © Donkervoort
Une fabrication ultra-limitée, pour clients très avertis

Comme souvent chez Donkervoort, la production sera extrêmement limitée : 150 exemplaires seulement, chacun construit à la main à Lelystad, aux Pays-Bas. Le prix annoncé dépasse 295 000 € hors options, avec une possibilité de personnalisation étendue, notamment au niveau de la sellerie, des teintes de carrosserie et des réglages châssis.

Mais ce n’est pas une voiture de collection à regarder dans un garage. La P24 RS est pensée pour rouler, et même pour être poussée à ses limites sur circuit. Un réseau restreint d’ateliers partenaires permettra l’entretien et le suivi, notamment en Allemagne, en Suisse, et potentiellement en France si la demande le justifie.

Ce type d’objet roulant ne s’adresse évidemment pas à tout le monde. Mais pour ceux qui cherchent l’expérience de pilotage la plus brute, la plus exigeante et la plus viscérale, la Donkervoort P24 RS représente peut-être le dernier bastion de la conduite analogue dans un monde devenu numérique.