Si tout n’a pas été rose pour David Menut cet hiver, à commencer par un Championnat de France décevant, il a tout de même pu franchir la ligne d’arrivée de Maasmechelen avec le sourire. D’abord parce que le coureur d’AS Bike Racing-France Literie s’en est tiré dans le Top 15, sur l’épreuve de Coupe du Monde belge, mais aussi parce qu’il a vu les chutes de près. Finalement bien debout sans manger de la terre, David Menut était donc soulagé au micro de DirectVelo, à une semaine du Championnat du Monde de Hulst.
DirectVelo : Tu es entré dans le Top 15 !
David Menut : C’est un super bon résultat pour moi. Je sors un peu des enfers. J’ai passé un hiver un peu cata. J’étais vachement en confiance pour le France mais je suis passé à travers. J’étais sur une pente ascendante depuis fin décembre, c’était dur pour moi de passer à travers au France. Après, je me suis bien remotivé. Je suis quand même sélectionné pour le Mondial, j’ai envie de faire de belles dernières courses.
« J’EN AI MÊME CRIÉ SUR LE MOMENT »
Il y a eu de l’animation au départ…
J’arrive à faire un bon sprint sur la courte ligne droite de départ qui me convient bien parce que j’ai un bon start au niveau de la réception cognitive du départ. Mais moi, ce qui me manque, ce sont les watts quand les lignes droites sont trop longues. C’est là où après, je perds mes places au fur et à mesure. Donc là, ça m’allait bien que la ligne droite soit courte. Ensuite je passe à deux doigts de la correctionnelle sur la chute du départ. Je ne sais pas trop ce qui s’est passé. J’ai vu qu’il y avait encore des hommes à terre au bout de deux ou trois tours, donc j’espère que ça va pour les gars quand même. J’ai un peu de chance sur le coup, ça tombe juste à ma droite. Je ne suis pas du tout touché, mais j’ai eu très peur. J’en ai même crié sur le moment.
Puis tu as fini par te placer…
Je me suis vite positionné dans le Top 15 et j’ai tout fait pour essayer de garder ma place au mieux. J’étais au rupteur d’entrée dès le premier tour. C’était vraiment un circuit où il ne fallait pas lâcher, ne pas laisser sa place. J’ai forcément perdu certaines places à des moments, puis j’en ai repris d’autres parce que Maasmechelen est un circuit qui crève beaucoup. Par chance, encore une fois, je suis passé entre les mailles du filet. Ça faisait deux ou trois ans que je crevais au moins deux fois.
« JE NE ME SENS PAS CAPITAINE LÉGITIME »
Finalement la roue tourne !
J’ai fait deux ou trois erreurs à des moments où je suis passé proche de la correctionnelle, mais j’avais une bonne étoile aujourd’hui. Les jambes étaient plutôt bonnes sans être exceptionnelles. J’ai tout fait au mental pour m’accrocher, jusqu’au dernier tour où j’étais dans ce groupe avec Kamp, Léo (Bisiaux), et Boros. J’étais au rupteur, je commençais à péter du groupe. Je me suis vraiment concentré sur la dernière partie technique, à savoir le fameux dévers que très peu passaient à vélo. J’ai réussi à faire le break juste là-dessus, au dernier tour. Je passe Léo et je suis à deux doigts de passer Boros.
Tu as donc côtoyé l’équipe de France en stage, où de nombreux jeunes te donnent comme modèle…
J’ai pris plaisir à côtoyer les jeunes, il y a un bon groupe. Je ne me sens pas capitaine légitime de par mes résultats, parce que je ne suis pas non plus un champion. Mais ça fait plaisir s’ils arrivent à apprendre un peu de moi, de mes petits conseils. Si je leur apporte quelque chose, je suis vraiment heureux.