« Ce 30e anniversaire est, je veux le dire d’abord au titre personnel, une vraie fierté, puisque nous restons aujourd’hui, Nancéiens, les dépositaires de cette première IGP de confiserie française », souligne le maire de Nancy lors de la présentation officielle du programme. Un label qui, selon lui, « s’inscrit vraiment au cœur de l’histoire de la Lorraine » et raconte l’ouverture ancienne du territoire sur le monde. Cette ouverture passe notamment par le lien historique avec l’Italie et la Calabre, berceau de l’agrume utilisé pour l’essence naturelle de bergamote. « Un roi polonais qui tombe amoureux d’un fruit, d’un agrume italien, qui en fait une confiserie lorraine : c’est un résumé rapide, mais un résumé fort de ce que nous sommes », résume Mathieu Klein.
Une impression que confirme la Sicilienne Antonella Fontana, consule générale d’Italie, « La production de la Bergamote de Nancy à partir de la bergamote de Calabre est vraiment le symbole de cet esprit ouvert : ouvert vers les autres, ouvert vers quelqu’un de différent. C’est le signe d’une histoire ancienne, mais aussi d’une coopération toujours très vivante entre Nancy et l’Italie. »
© La SemaineUne IGP pour protéger un savoir-faire
Si l’IGP est obtenue en juin 1996, la démarche débute dès le milieu des années 1980. « On commençait à voir apparaître sur le marché des essences de bergamote de piètre qualité », rappelle Jean-Luc Guillevic, confiseur et figure historique du dossier. Le risque est alors double : l’imitation et la perte de l’identité du produit. « Une recette qui n’est pas définie par un cahier des charges strict est appelée à mourir », tranche-t-il. L’IGP vient ainsi fixer des règles précises : un bonbon carré, d’environ 5 grammes, réalisé à partir de sucre cuit et d’une essence naturelle de bergamote, coulé sur marbre, découpé puis conditionné selon des critères stricts. « Créer une conception nouvelle autour d’un produit agroalimentaire via l’IGP, c’est quand même une réussite », insiste Jean-Luc Guillevic, président de l’Organisme de défense et de gestion (ODG) de la Bergamote de Nancy IGP.
Aujourd’hui, quatre maisons sont habilitées à produire la Bergamote de Nancy IGP : la Maison Jean Lalonde à Nancy, la Maison des Sœurs Macaron à Nancy, la Confiserie Stanislas à Nancy et la Confiserie des Hautes Vosges à Plainfaing.. Ensemble, elles représentent environ 26 tonnes de production annuelle, soit un peu plus de 5,2 millions de bergamotes chaque année, si l’on rapporte ce volume au format réglementé de 5 grammes par bonbon. Un chiffre stable, assumé, qui traduit le choix d’une filière attachée à la maîtrise des volumes et à l’exigence de qualité. Un cercle qui peut s’élargir, souligne Jean-Luc Guillevic. « Cette structure d’IGP est ouverte. Il faut que les gens qui souhaiteraient nous rejoindre en fassent la demande et passent sous les mêmes contrôles que nous pour avoir des laboratoires et des entreprises certifiées. »
© La Semaine
Pour les artisans-confiseurs, cette production dépasse largement la seule dimension commerciale. « Ce n’est pas une danseuse : c’est un phénomène qui entraîne toutes les autres productions derrière elle », souligne-t-il. La bergamote agit comme une vitrine du patrimoine gastronomique local : « C’est un vecteur. C’est le produit qu’on prend avec soi, qu’on offre, qu’on emporte. C’est certainement l’un des meilleurs communicants de la ville. »
Un lancement le 4 février et une année d’animations
Les festivités débuteront officiellement le 4 février 2026, avec un lancement au marché central : animations, dégustations, démonstrations de coulées de sucre et rencontres avec les producteurs rythmeront ce temps fort inaugural. La programmation se prolongera ensuite tout au long de l’année : conférences, expositions, rendez-vous autour des agrumes au jardin botanique, événements autour de la parfumerie, parcours urbains mêlant patrimoine et gourmandise, ou encore jeux de piste destinés au grand public.
Programme complet ici