Bordeaux-Bègles – Stade français : 28-33
Les Parisiens avaient misé sur une décompression de la meilleure équipe de la phase de poules de Champions Cup et ils ont eu raison tant leur victoire paraît logique. Grâce à ce succès, les Soldats roses prennent trois points d’avance sur leurs hôtes du jour et s’installent provisoirement sur le podium.
Les hommes de Yannick Bru, qui concèdent leur deuxième défaite cette saison à Chaban, ont peut-être payé leur débauche d’énergie européenne et les absences de certains cadres comme Louis Bielle-Biarrey à l’aile, le capitaine de touche Cameron Woki ou de Martin Page-Relo, forfait au dernier moment à la mêlée.
Entame ratée
Pour ce dernier match avec leurs internationaux, les Bordelais ont surtout eu un gros retard à l’allumage et face à une armada parisienne déterminée et pragmatique, ça ne pardonne pas avec un handicap de deux essais transformés après 8 minutes de jeu.
Peniasi Dakuwaqa a donné le ton en bonifiant un coup de pied en profondeur de Léo Barré (0-7, 3e), suivi par Joe Marchant, à la conclusion d’une pénalité rapidement jouée par Paul Abadie avec un relais main-main de Jeremy Ward (0-14, 8e).
Le sursaut girondin, inspiré par les ballons hauts gagnés par Damian Penaud, non retenu en Bleu, est d’abord venu de la mêlée, secteur pourtant réputé fort chez les Soldats roses qui ont été sanctionnés quatre fois lors du premier acte.
Déficit en touche
Mais faute de lancers propres des locaux sur pénaltouches notamment, c’est en bataillant près de la ligne que l’UBB a trouvé la faille par Arthur Retière, auteur d’un essai classique de demi de mêlée (7-14, 28e).
Le carton jaune récolté par Louis Carbonel pour fautes répétées a coûté cher aux visiteurs rattrapés au score à la suite d’une mauvaise inspiration de relance de Dakuwaqa qui a profité à Jefferson Poirot (14-14, 33e).
Les hommes de Paul Gustard n’ont pas paru sonnés par ce retour, en témoigne leur fin de mi-temps placée sous le signe du réalisme avec cette fois Tanginoa Halaifonua à la conclusion pour mettre les siens devant à la pause (14-21, 40e).
À l’instar du premier, le début du second acte a été riche en essais et en émotion. Très bon dans l’animation, Jalibert a su exploiter un trou dans le verrou adverse avec un par-dessus dont il a le secret qui a remis les siens à hauteur (21-21, 42e).
La sortie de Jalibert enterre l’UBB
La réaction des Parisiens n’a pas tardé. Ward, alors que beaucoup avaient le capot ouvert, a remis les Soldats roses sur les rails (21-26, 44e). L’UBB ne se laissait pas abattre pour autant. Jalibert, grâce à une passe magique vers Boris Palu, a libéré l’espace à Salesi Rayasi qui faisait passer son équipe pour la première fois devant au score (28-26, 47e).
La sortie de Jalibert (56e) juste après une pénalité de Louis Carbonel sur le poteau a fini par faire perdre le fil à ses coéquipiers, toujours aussi fragiles en touche, qui ont redonné des munitions au Stade français. Si un premier maul a été coffré, la séance de pick and go suivante a souri à Yoan Tanga. Cet essai a été transformé par Carbonel pour donner un avantage définitif aux Parisiens (28-33, 67e).
Avec le soutien de Chaban, l’UBB a poussé pour revenir et s’est même procuré une dernière pénaltouche. Mais le lancer de Maxime Lamothe a été contré à 5 m de l’en-but adverse, comme un symbole.
Mi-temps : 14-21.
Bordeaux-Bègles : 4E A. Retière (28e), J. Poirot (33e), M. Jalibert (42e), S. Rayasi (47e) ; 4T M. Jalibert (28e, 33e, 42e), J. Carbery (47e).
Stade français : 5E P. Dakuwaqa (3e), J. Marchant (8e), T. Halaifonua (37e), J. Ward (44e), Y. Tanga (67e) ; 4T L. Carbonel (3e, 8e, 37e, 67e).
Carton jaune : au Stade français, L. Carbonel (26e).