Ce samedi, donc, Lucie Castets, Olivier Faure, le premier secrétaire du Parti socialiste, Marine Tondelier, la patronne des Écologistes, les ex-insoumis Clémentine Autain, Raquel Garrido, Alexis Corbière et François Ruffin ont officialisé le calendrier de cette primaire « d’investiture ». Celle-ci se tiendra le 11 octobre. Pour se présenter, chaque candidat devra obtenir le parrainage d’au moins 500 maires. À ce stade, le vote est prévu sur un tour et devrait avoir lieu en bureau. Une procédure électronique est aussi à l’étude. L’ambition est de réunir « deux millions de Français. »

À l’automne

« À l’automne, a souligné Clémentine Autain, déjà candidate, les Français commenceront à être tournés vers la présidentielle et cela nous donnera le temps d’installer cette candidature unique. »

« Nous ne pesons pas lourd. Mais l’objectif est que nous soyons entraînés par un courant »

Toutefois, la photo du jour n’a pas masqué le vide laissé par les absents, rappelant ainsi l’étroitesse de ce mouvement. Certes, personne n’attendait ici Jean-Luc Mélenchon. Mais il manquait surtout Raphaël Glucksmann, l’eurodéputé et cofondateur de Place Publique. Lequel n’envisage, pour l’heure, aucune primaire. Chez les sociodémocrates, il manquait aussi François Hollande qui, lui non plus, ne veut pas de primaire, et l’ancien Premier ministre, Bernard Cazeneuve. Enfin, le Parti communiste est également resté à l’écart.

En clair, les artisans de la primaire vont devoir encore convaincre. « Celles et ceux qui sont rassemblés là, sont celles et ceux qui ont l’esprit de responsabilité », a insisté Clémentine Autain. « Nous ne pesons pas lourd, a reconnu François Ruffin. Mais l’objectif est que nous soyons entraînés par un courant, qu’il y ait un débordement, qu’on ait les gens, les gens, les gens… » Et d’ajouter : « On ne veut pas baisser notre froc face à Bardella. »

Divergences

Alors que cette primaire interroge sur sa capacité à entraîner, Olivier Faure a posé le problème autrement : « Quelle est l’alternative ? » Il l’affirme : « Quand vous aurez un candidat désigné par deux millions de personnes, ça va entraîner grave, comme diraient mes enfants… »

Malgré l’optimisme affiché, en interne, on le reconnaît : « Le chemin sera difficile. » Et ce d’autant plus qu’au sein même du Parti socialiste, le sujet ne fait pas l’unanimité. Olivier Faure ne le cache pas : « Oui, on ne pense pas tous la même chose. » Comme il s’y est engagé, ce sont les militants qui, après les municipales, acteront par un vote la participation ou non du PS à cette primaire.