Martine Marragou est la présidente de la communauté Emmaüs Montpellier, l’une des plus importantes de France. Les compagnons sont actifs sur la Métropole de Montpellier mais aussi sur le territoire de l’Agglomération du Pays de l’Or.

Tous les trois mois, à La Grande-Motte, ils effectuent des collectes place de la mairie. Ils viennent aussi aider les Grands-Mottois à vider leurs biens.

Emmaüs, un lieu d’accueil inconditionnel

Depuis six mois, la communauté a mis en place le tri sélectif et le compostage des restes alimentaires, pour respecter les préconisations du Pays de l’Or. La présidente s’exprime sur le bilan de l’année 2025.

« La communauté abrite entre 105 et 110 compagnons. Nous refusons en moyenne cinq personnes par jour faute de places disponibles. Je recherche d’ailleurs une annexe. Il nous est arrivé de loger des personnes en salle de réunion. Parfois certains publics, qui travaillent aux alentours dans la journée, viennent dormir le soir dans leur voiture devant nos locaux », déplore-t-elle. Elle se réjouit cependant, « des huit titres de séjour obtenus : ces compagnons ont trouvé un travail stable en CDI et un logement. Ils ont ainsi quitté la communauté ».

Ces bonnes nouvelles ne sont pas un hasard. La communauté est un lieu d’accueil inconditionnel, un lieu de vie et de travail.

« Nous ne demandons rien du passé des accueillis. Près de 60 % sont des migrants de l’Afrique subsaharienne et des pays de l’Est, les 40 % restants sont des Européens. Le français est obligatoire, pour casser le communautarisme. Depuis 3 ans, nous proposons des cours de citoyenneté dispensés par Hélène Mandroux, maire honoraire de Montpellier, et Thierry Lefebvre, lieutenant-colonel retraité. Le fil conducteur : les droits et les devoirs d’une personne accueillie. »

Autre victoire : une famille arménienne a finalisé son parcours d’intégration, le père a passé un CAP en boucherie et a trouvé du travail, sa fille aînée a réussi ses études de pharmacie. Elle travaille à Bruxelles au sein du groupe pharmaceutique Ipsen. Sans oublier Fofana, originaire de Guinée-Conakry. Orphelin, il est arrivé à Emmaüs après un parcours marqué d’errances dans plusieurs pays. Il est maintenant métallurgiste chaudronnier, a quitté la communauté et travaille dans une entreprise montpelliéraine. « Depuis le 1er janvier, nous sommes désormais une communauté autonome et indépendante grâce à l’obtention du statut d’organisme d’accueil communautaire et d’activités solidaires (OACAS) en local. Merci de nous aider à aider », conclut Martine Marragou.

Pour tout don, rendez-vous sur emmaus-montpellier.fr.

Correspondante Midi Libre : 07 84 54 03 80