Envisagée depuis 2015 sous la direction de la Drac, la réfection de l’orgue de la cathédrale Saint-André, qui ne sonne plus depuis huit ans, doit commencer en février.

Il ne sonne plus depuis 2018. Dysfonctionnel dès sa conception, l’orgue de la cathédrale Saint-André de Bordeaux s’apprête à être restauré. Après dix ans de travail dans ce dossier qui a été ouvert en 2015, la réfection de l’instrument doit commencer début février. Cette première phase des travaux, qui doit s’achever en juillet, va consister à déposer le buffet de l’orgue, érigé au XVIIIe siècle et classé monument historique. Puis, il faudra attendre 2030 pour découvrir le travail réalisé en atelier par la manufacture autrichienne Rieger Orgelbau, facteur d’orgues de renommée mondiale et la manufacture bretonne Orglez L’Haridon-Freyburger.

Cette restauration, rare pour l’époque en France, est dirigée par la direction régionale des affaires culturelles (Drac), un service de l’État, auquel est rattachée la cathédrale. Elle est soutenue par l’association Cathedra – dont la vocation est de valoriser la musique sacrée à Bordeaux. À l’origine de cette réfection, l’association est parvenue à récolter près de 1,3 million d’euros auprès de mécènes privés et de fonds européens pour réaliser ce projet. Un tiers de la somme à débourser, estimée à 3,7 millions d’euros, sera financé par l’État, tandis que Cathedra en appel toujours aux dons pour financer le million d’euros manquant. Un parrainage des tuyaux a ainsi été mis en place pour les dons entre 50 et 2000 euros – le nom du mécène étant gravé sur son tuyau à partir de 500 euros.


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Modernité et tradition

Le nouvel instrument, que pourra faire sonner l’organiste titulaire Jean-Baptiste Dupont, sera composé de 6800 tuyaux, 98 jeux et 15 plans sonores. Il sera par ailleurs raccordé à une console générale mobile «inédite», qui devrait permettre de le contrôler simultanément avec l’orgue de chœur. En plus d’être cette fois-ci parfaitement adaptée à l’acoustique de la cathédrale qui déploie 50.000 m3 d’air, l’orgue doit être équipé de transmission numérique par fibre optique. Des nouvelles technologies, qui devraient permettre la diffusion en live des concerts et attirer à Bordeaux des résidences d’artistes, amateurs de nouvelles œuvres d’orgue. L’instrument doit aussi devenir un outil de pédagogie pour le conservatoire, destiné à stimuler les vocations.