Du 23 au 25 janvier se tient la journée mondiale de lutte contre la lèpre, une maladie qui persiste encore à travers le monde, faute d’informations à son sujet.

Publié le 25/01/2026 06:46

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La lèpre sévit toujours sur l'île de Madagascar. (PICTURE ALLIANCE / PICTURE ALLIANCE / VIA GETTY IMAGES)

La lèpre sévit toujours sur l’île de Madagascar. (PICTURE ALLIANCE / PICTURE ALLIANCE / VIA GETTY IMAGES)

Dans l’imaginaire collectif, c’est une maladie d’un autre temps. Or la lèpre continue de faire des ravages dans le monde : 180 000 cas sont diagnostiqués chaque année, principalement en Inde, au Brésil et en Indonésie. Il existe pourtant depuis plus de quarante ans des médicaments, très efficaces, qui permettent de guérir.

Si pour vous, la lèpre remonte au Moyen-Âge, « ce n’est pas le cas », vous répondra le docteur Pierre-Joseph Kaba, chirurgien en Côte d’Ivoire, spécialisé dans le traitement de cette maladie infectieuse chronique. « Toutes les trois minutes, un cas de lèpre est détecté dans le monde, 53 pays rapportent au moins un cas de lèpre », indique le médecin.

Le Dr Pierre-Joseph Kaba, chirurgien ivoirien spécialisé dans le traitement de la lèpre et Marie-Bénédicte Loze, de la Fondation Raoul Follereau. (SOLENNE LE HEN / RADIO FRANCE)

Le Dr Pierre-Joseph Kaba, chirurgien ivoirien spécialisé dans le traitement de la lèpre et Marie-Bénédicte Loze, de la Fondation Raoul Follereau. (SOLENNE LE HEN / RADIO FRANCE)

Cette bactérie, qui se transmet par un contact direct, répété et prolongé avec un malade, se soigne depuis une quarantaine d’années par des antibiotiques. Malgré cela, le docteur Kaba voit arriver trop tard certains patients dans son centre, quand cette maladie qui détruit les nerfs – d’abord ceux du visage, des mains, des pieds – a déjà commencé à déformer leurs membres. « On en opère au moins trois ou quatre par mois », fait-il remarquer.

Pour Pierre-Joseph Kaba, si on n’arrive toujours pas à se débarrasser de cette maladie dans une centaine de pays, c’est avant tout parce qu’elle est « stigmatisante ». « C’est vrai que ça inspire la peur, admet le docteur. C’est une maladie de la pauvreté. » Il rappelle que ce sont essentiellement les personnes défavorisées, vivant loin des centres de santé, qui sont touchées.

« C’est la prochaine bataille qu’il faut mener : lever cette stigmatisation systématique des cas de lèpre, car elle se soigne. »

Pierre-Joseph Kaba, chirurgien en Côte d’Ivoire

à franceinfo

Une marginalisation des malades également combattue par la Fondation Raoul Follereau. Pour la directrice adjointe des projets, Marie-Bénédicte Loze, il est important « de travailler pour déstigmatiser cette maladie, aussi bien auprès de la population que pour inciter les gens à venir se faire soigner ». « Très souvent, explique-t-elle, ils ne viennent pas au centre de santé car ils ont peur que le diagnostic soit posé et qu’ils soient exclus de leur village ou de leur famille. »

C’est pourquoi la population vise à informer non seulement les populations, mais aussi les « personnels de santé qui souvent ne sont pas ou très peu formés à la lèpre pendant leur cursus universitaire ». Des cas sont parfois déclarés en Europe et en France, mais il s’agit généralement de malades contaminés à l’étranger. Et si 180 000 cas sont diagnostiqués chaque année dans le monde, il y a sans doute bien plus de malades.