Et soudain, le silence s’est imposé. Face aux 263 lycéens de l’académie d’Aix-Marseille en voyage d’études à Auschwitz, un wagon sans fenêtre sur la voie de chemin de fer à quelques centaines de mètres de l’entrée du camp d’Auschwitz II – Birkenau. Ce n’est que le début de la visite, mais le ton est donné. Ces jeunes, âgés de 16 à 18 ans, s’apprêtent à entrer dans le plus grand complexe concentrationnaire et centre de mise à mort du troisième Reich où plus d’1,1 million de personnes ont été assassinées, pour la plupart des juifs, des Polonais, des Tsiganes, des prisonniers politiques et de guerre.

Il y avait de la joie dans l’avion quelques heures plus tôt au départ de Marignane, des rires, des applaudissements même, à l’atterrissage à l’aéroport de Cracovie. Ce n’était ni de la légèreté, ni de l’inconscience, ni même un manque de respect, c’était une dernière respiration avant la confrontation. Face à ce wagon qui a transporté hommes, femmes et enfants pendant plusieurs jours d’un voyage abominable, on commence par baisser le regard et regarder ses chaussures. Une prise de conscience immédiate de l’horreur vécue par celles et ceux qui ont foulé avant nous ce sol gelé.