Au bout d’une cinquantaine d’années de musique, avec 28 albums à son actif, et cinq en projet, c’est avec la même énergie qu’Augustin Planet, originaire de Borgo et exerçant à Bastia, explore dans la chanson les thèmes de la joie, l’amour ou la souffrance. Artiste inclassable, il varie les styles pour une musique qu’il met au service de projets sociaux à côté de son activité de gérant de bar et de chef d’entreprise de sonorisation.
Assis à la terrasse du Bati’Rose, son bar du Quai des Martyrs à Bastia, cet artiste chaleureux livre sa passion, les yeux brillants : « Je veux toucher les gens et leur faire plaisir. Il y a des chanteurs qui ont une belle carrière, puis qu’on oublie. Moi je veux que mes chansons durent dans le temps. »
Après une interruption pour aller servir un café à un couple de retraités, il confie : « Je raconte des événements qui sont arrivés à des gens autour de moi, c’est pour ça que je parle autant des bonheurs de la vie que de sujets tristes. »
Un artiste d’abord désireux de créer du lien social
Son dernier album Espérances, sorti il y a quelques mois, réunit 17 titres qui explorent une palette de thèmes graves. « J’essaye de faire exister les victimes de différents drames, de leur donner une voix, insiste le chanteur. Il ne faut pas oublier ceux qui sont morts. »
Tout en gardant une énergie optimiste et un sourire contagieux, le chanteur ne se censure pas. « J’aborde des sujets de société qui peuvent être épineux, comme l’alcoolisme ou les sans-abri, affirme-t-il. Je fais des textes, même s’ils dérangent. »
L’artiste chante pour ses proches ou pour les clients de son bar du Quai des Martyrs. « L’objectif est de créer du lien social. Ça ne m’intéresse pas de faire des concerts et d’avoir une grande carrière. »
Très engagé socialement, le gérant est impliqué dans nombre d’œuvres caritatives. « Je reverse ce que je gagne avec la chanson pour aider les gens, par exemple dans la lutte contre le cancer, l’aide aux enfants en situation de précarité, ou la restauration d’églises », détaille-t-il.
Au Bati’Rose, le bruit des vagues rythme les notes de musique formant des mélodies tantôt joyeuses, tantôt mélancoliques. Pour les quelques clients présents en cet après-midi ensoleillé du mois de janvier, c’est un éventail d’émotions. « Je ne veux pas être enfermé dans un seul style, ça ne m’intéresse pas, explique encore l’artiste. Je peux tout faire. »