Le fumeur n’est pas systématiquement un pollueur
Le tabagisme recule en France. Selon les données les plus récentes, 25 % des Français âgés de 18 à 75 ans fument de manière occasionnelle, mais seuls 18 % (moins d’un cinquième) sont des fumeurs quotidiens, proportion la plus faible jamais enregistrée.
Depuis le 1er juillet 2025, l’extension de l’interdiction de fumer dans certains espaces publics (parcs et jardins, plages…) mais aussi sur les domaines de ski réduit les possibilités offertes au fumeur. Grenoble avait d’ailleurs été précurseure en la matière.
Reste que tout fumeur ne jette pas son mégot au sol dans l’espace public. Selon Guillaume David, responsable du cabinet Optae qui a réalisé plusieurs études de comptage de mégots : « Il y a bien un profil-type, celui d’un homme, de 30 à 50 ans, de catégorie socioprofessionnelle populaire et qui se promène seul dans la rue. Et un autre profil-type secondaire, qui est celui des jeunes lorsqu’ils sont en groupe. »
Mais l’acte ne peut se réduire à ce profil. Ainsi, beaucoup de fumeurs ont longtemps cru que jeter un mégot dans une grille d’avaloir revenait à l’envoyer vers les eaux usées. A cette méconnaissance s’ajoute parfois le manque de cendriers ou éteignoirs dans l’espace public.
Enfin, les spécialistes interrogés partagent un constat : en matière d’écogestes, une moitié des individus respecte la norme en toutes circonstances, une autre peut osciller selon le contexte. Selon Guillaume David, « tout apport de solution concrète, tels que la mise en évidence d’équipement, ou la consigne d’un pair – encore plus que d’un agent de la mairie – peut permettre d’embarquer une bonne partie de ces 50 % de récalcitrants et faire grimper le taux de conformité à 75 % ou 80 % ».
Reste enfin une minorité d’« irréductibles », évaluée entre 10 % et 20 %. Des indifférents, irrespectueux ou « égotistes », qui se contrefichent de la norme.