Par
Hervé Pavageau
Publié le
25 janv. 2026 à 13h30
C’était il y a plus d’un an. Entre Noël et le 1er de l’An 2024, des cambrioleurs s’introduisaient dans deux entreprises, une menuiserie et un paysagiste, de la zone Saint-Clément, défonçant les portes à coups de voiture-bélier. Le préjudice des deux vols, estimé à 80 000 €, avait marqué les chefs d’entreprise. Treize mois plus tard, la pression n’est pas retombée de ce parc d’activités, en cours d’agrandissement, situé à Divatte-sur-Loire. Des visites, siphonnages d »essence et des vols se succèdent dans l’extension de ce parc, sans issue. « Il y a toujours du monde qui se promène », déplore Stéphanie Siloret de la société ACM.
On a l’impression que les gens rentrent ici comme dans un moulin.
Jérôme Leray, à la tête d’une entreprise d’électricité
Des rondes et un groupe d’alerte
Depuis les cambriolages qui ont marqué les esprits et les vols à répétition, les artisans font régulièrement des rondes.
Le week-end et la nuit.
C’est simple dès que l’un d’entre nous passe près de la zone, il décroche, rentre dans le parc, regarde et envoie un message. On est tout le temps sur le qui-vive. Quand il y a un passage, on indique, on alerte. On a tourné pendant les fêtes de fin d’année. On est fatigué. ce n’est pas normal.
Stéphanie Siloret, cheffe d’entreprise
Les patrons de cette zone ont créé un groupe WhatsApp qui leur sert à échanger et à se prévenir.

Ils demandent que l’accès soit sécurisé par une barrière. ©HSM
Face aux intrusions, ils ont aussi massivement investi dans des équipements de sécurité (portail, clôtures) et des caméras.
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« On est tous équipé. Tout cela a un coût. À titre d’exemple, j’en ai eu pour 22 000 € de clôtures et pour 15 000 € pour mettre en place un système de vidéoprotection et d’alarme », précise la dirigeante.
Installer une barrière de sécurité ?
À ses côtés, Mathieu Pétard confirme et hoche la tête.
« Tous les ans, on a des vols », déplore le plombier-chauffagiste.
Regroupés dans un collectif qui pourrait devenir demain une association, ces dirigeants ont interpellé la communauté de communes de Sèvre et Loire, collectivité en charge de la compétence Développement économique, pour mieux sécuriser l’accès au parc la nuit et le week-end.
Depuis des mois, ils font et réitèrent la même demande : barrer la route par un portail sécurisé.
Cela pourrait être aussi un système de bornes automatisées. Seuls les piétons et les vélos pourraient passer aux heures de fermeture.
Mathieu Pétard, chefs d’entreprise
L’aménagement ne pourrait pas se faire en bas de l’entrée de zone.
Les effectifs de l’entreprise industrielle voisine Adecam travaillant en rotation jour et nuit.
La collectivité va étudier la faisabilité
Emmanuel Rivery, vice-président en charge du Développement économique à Sèvre et Loire, a rencontré à plusieurs reprises les dirigeants de la zone Saint-Clément. Mais face à leur demande d’installer un dispositif de sécurité, la réponse est restée la même. « Juridiquement, une voie publique ne peut pas être fermée. Elle doit rester accessible. Je pense notamment aux pompiers », cite l’élu du Loroux-Bottereau.
Il n’y a pas que les chefs d’entreprise de la zone Saint-Clément qui ont interpellé le vice-président. La même requête de sécurisation émane des entreprises de la zone des Ragonnières à La Chapelle-Heulin. Face à ces revendications, l’élu renvoie vers le dispositif qu’ont mis en place les entrepreneurs du parc Beau Soleil à Saint-Julien-de-Concelles : à savoir la mutualisation d’un vigile qui surveille la zone.
Quant aux aménagements sécuritaires réalisés dans d’autres parcs d’entreprises du département, et cités en exemple par les dirigeants de la zone Saint-Clément, Emmanuel Rivery ne ferme pas la porte. Mais demande à voir le contenu de ces conventions. « Il faut regarder et examiner de près quelle est la nature de ces accords. Et voir comment tout cela est organisé et géré avant de prendre une décision », insiste l’élu.
En la matière, la collectivité de Sèvre et Loire a pris contact avec la communauté de communes d’Erdre et Gesvres pour la zone d’activités de Ragon et avec Grand Lieu pour la communauté de la Bayonne, à Montbert. Dossier à suivre.
Le collectif a proposé de l’installer plus en hauteur dans la rue, au niveau de la partie en cours d’aménagement.
On est même prêt à financer l’équipement.
Stéphanie Siloret et Mathieu Pétard, chefs d’entreprise
« Un jour, il y aura un problème »
Plusieurs rencontres et échanges ont eu lieu avec la communauté de communes de Sèvre et Loire.
Une réunion s’est déroulée à l’automne dernier avec les services de la gendarmerie.
Mais cette demande reste, à ce jour, lettre morte.
« La collectivité nous dit qu’on ne peut pas barrer une voie publique (Ndlr : voir encadré) alors que ça se fait ailleurs dans d’autres zones du département », commentent les deux patrons.
Dans l’impasse, et à bout, ces derniers pressent la collectivité de trouver une solution.
« Un jour, il y aura problème », lâche Stéphanie Siloret.
Je ne sais pas comment cela va finir. On en a ras le bol.
Armand Bourdeau
Paysagiste dont l’entreprise a été cambriolée il y a plus d’un an.
Et résident d’une zone dans laquelle certains patrons sont aujourd’hui équipés d’armement.
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