Invitée ce dimanche de Radio J, la candidate LR à la mairie de Paris a mis en cause une partie de la gauche, qu’elle tient pour responsable de la «désinhibition» de l’antisémitisme, sur fond d’importation en France du conflit du Proche-Orient.

La campagne des municipales à Paris entre dans sa phase décisive. À cinquante jours du scrutin auquel la maire sortante, Anne Hidalgo, ne se représente pas, les principaux candidats se rendent coup pour coup, l’issue de l’élection n’ayant jamais paru aussi incertaine. Les résultats d’un sondage Ifop publié ce dimanche dans Le Parisien  en témoignent : Emmanuel Grégoire, candidat de l’union de la gauche, est donné au coude-à-coude avec son adversaire de droite, Rachida Dati, en vue du second tour prévu le 22 mars prochain, pour lequel pourraient se maintenir entre trois et cinq listes, selon les rapports de force issus du premier – 10 % des voix étant requis pour y accéder

Alors que le suspense est entier, le prétendant socialiste et la ministre de la Culture s’emploient à réduire la bataille à un duel, s’interpellant directement depuis plusieurs semaines, quitte à reléguer au second plan la campagne des plus petits candidats, contraints de hausser le ton pour tenter de se frayer un chemin. Après qu’Emmanuel Grégoire a accusé Rachida Dati de vouloir transformer Paris en «labo facho» en cas de victoire, sur fond de soupçons d’alliance dissimulée avec la zemmouriste Sarah Knafo, la maire du 7e arrondissement de Paris a choisi de déplacer le débat sur un terrain explosif, celui de l’antisémitisme.

Municipales à Paris : Rachida Dati vise le vote utile


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Une haine antijuive qu’une partie de la gauche est accusée d’avoir alimentée, en érigeant la cause palestinienne en l’un de ses principaux chevaux de bataille et en nourrissant une rhétorique antisioniste, à la faveur de l’importation du conflit Israël-Hamas depuis le 7 octobre 2023. Cette date charnière a été marquée par l’attaque sans précédent du mouvement djihadiste, suivie d’une riposte militaire israélienne d’ampleur dans la bande de Gaza. «Ce n’est pas un débat d’idées que l’on doit avoir, ce n’est pas une expression que l’on doit avoir (…) c’est un délit», fustige Rachida Dati ce dimanche sur Radio J, tenant pour responsable certaines mouvances de gauche dans la «désinhibition» de l’antisémitisme. Une dérive que la candidate LR dit observer y compris dans la course à la mairie de Paris, où elle déplore l’absence de «consensus» sur cette question.

Pour Rachida Dati, il n’y a guère de doute : la gauche parisienne est devenue la «complice» et l’«alliée des promoteurs de l’antisémitisme». Elle en veut pour preuve le ralliement de l’ex-insoumise Danielle Simonnet à Emmanuel Grégoire, laquelle, rappelle-t-elle, avait reçu le soutien de l’ancien leader travailliste britannique, Jeremy Corbyn, pendant la campagne des législatives post-dissolution de 2024, alors qu’il avait été exclu de son parti pour ses ambiguïtés dans la lutte contre l’antisémitisme. «Elle-même et ses colistiers n’ont jamais été très clairs», charge la ministre de la Culture, estimant que son concurrent socialiste manque de clarté à cet égard, et commet «une faute morale et une faute pénale» au regard de ses ralliements. Rien de surprenant toutefois, poursuit-elle : «La gauche s’est toujours alliée à l’extrême gauche, comme ils l’ont fait en 2022, en 2024, comme ils le feront en 2027, c’est dans leur ADN.»