Pour sortir de la dépendance aux outils américains, cette application « 100 % française » sera généralisée au sein de l’administration « d’ici 2027 », a annoncé le ministre de la fonction publique David Amiel.

Les États-Unis ne sont plus des alliés fiables de l’Europe. Acquérir une souveraineté numérique apparaît donc de plus en plus indispensable. Afin de « se désintoxiquer » des logiciels américains, le ministre de la Fonction publique David Amiel a annoncé, dans un entretien à la Tribune Dimanche, la généralisation « d’ici 2027 » d’une solution de visioconférence « 100 % française » au sein de l’administration.

Appelée Visio et créée par la direction ministérielle du numérique (Dinum), elle a déjà été testée auprès de 40 000 agents et permet aussi de transcrire et résumer les réunions. « Nous devons sortir progressivement de la dépendance aux outils américains et plus globalement non-européens », a déclaré le ministre. « Nous avons déjà commencé à le faire en matière de stockage de données sensibles avec l’émergence de solutions de cloud souverain sécurisé. Mais il faut continuer ce sevrage avec détermination », ajoute-t-il.


Passer la publicité

Visio est pensée pour contrer l’utilisation de logiciels tels que Teams, Google Meet ou Zoom afin d’« assurer la sécurité de nos échanges en toutes circonstances » tout en permettant « d’économiser plusieurs millions d’euros par an » car il n’y aura plus « à renouveler des licences auprès d’acteurs non-européens ». En 2022, les entreprises Tixeo, Oodrive et Olvid avaient déjà lancé TOO22, une suite collaborative souveraine permettant le partage de documents, la visioconférence et la messagerie instantanée, « dans un environnement hautement sécurisé ».

«Nous refusons d’être un vassal» : Paris et Berlin veulent être le moteur de la souveraineté numérique européenne

Le ministre met par ailleurs en garde contre de « nouvelles » dépendances, notamment dans le domaine de l’intelligence artificielle. « Il faut s’appuyer sur les innovations européennes afin d’être aux meilleurs standards et d’éviter la tentation au travail de se tourner clandestinement vers des applications non sécurisées », souligne-t-il, tout en reconnaissant que « c’est une course de vitesse ».