Edouard Boulanger et Sébastien Loeb ont terminé 4ème du Dakar 2026 en Arabie saoudite cette année. Le co-pilote natif de Nancy revient sur ces 15 jours éprouvants de course, marqués par une casse technique qui a plombé le reste de leur épreuve.

Une semaine après la fin du Dakar, le co-pilote lorrain, Edouard Boulanger, 46 ans, se repose chez lui en Suisse avant de repartir sur la suite de la saison de championnat du monde de rallye-raid au Portugal du 17 au 22 marsLe natif de Nancy a terminé 4ème au classement général avec son tandem alsacien, la légende Sébastien Loeb.

Une vraie déception pour les deux hommes qui allaient en Arabie saoudite pour la victoire au volant de leur Dacia : « On ne se prépare pas pour faire quatrième. Ce n’est pas l’objectif. On ne peut pas se satisfaire de ça. Mais c’est du sport mécanique. Il y a des choses qu’on ne contrôle pas. Malheureusement, c’est ce qui nous est arrivé cette année. Le neuvième jour a tué notre course. »

Une neuvième étape fatale

Sur cette neuvième étape longue de 418 km, le tandem du Grand Est est victime de la casse la direction assistée de sa voiture. Ils roulent 180 kilomètres sans cet indispensable : « Avec de telles voitures, ne pas avoir de direction assistée, c’est juste impossible. C’est un miracle d’avoir terminé l’étape ». A la fin de ce calvaire, l’équipage accuse un retard de 21 minutes sur le leader provisoire du classement général. « Ce problème, c’était une première. On ne l’avait jamais vécu, même en préparation. Visiblement un lot défectueux. »

illustration agrandir l'image Edouard Boulanger a participé à 12 Dakar, en tant que co-pilote, pilote de moto ou membre d’écurie. © AFP – JULIEN DELFOSSE

Ils ont aussi payé le prix de 13 crevaisons : « On a un seul gros problème qui fout notre course par terre. On a aussi un peu plus de crevaisons que les autres. Dans tout ça, quand on regarde les paysages, on s’imagine mal la difficulté des endroits qu’on traverse. Notamment à quel point les pierres sont agressives. Parfois ce sont vraiment des couteaux. Nos pneus ne sont pas faits pour ça. »

« Dans le cockpit, c’est le meilleur Dakar que j’ai vécu »

Tout n’est pas à jeter, évidemment. Boulanger-Loeb, c’est un duo aligné pour la première fois ensemble sur le Dakar. Tous deux sont des figures de la course. L’Alsacien, 51 ans, nonuple champion du monde des rallyes, et sa quête inassouvie de victoire sur cette course mythique en plein désert. Le Lorrain, 46 ans, et ses 12 participations (en tant que pilote, co-pilote et membre d’écurie) au Dakar dont une victorieuse en 2021 en tant que co-pilote de « Monsieur Dakar », Stéphane Péterhansel, et double tenant du titre de meilleur navigateur du monde.

Ironie de l’histoire, cette année, le vainqueur du Dakar, c’est le Qatari Nasser Al-Attiyah, pilote Dacia lui aussi, et ex-coéquipier d’Edouard Boulanger. La longue expérience du Nancéien sur cette course lui permet d’analyser son pilote actuel : « Dans le cockpit, c’est le meilleur Dakar que j’ai vécu. On apprend encore à se connaître mais professionnellement, ça va super bien. Il a une maîtrise du pilotage qui fait que je ne l’ai jamais senti en perte de contrôle une seconde. Alors qu’avec Al-Attiyah et Péterhansel, il y a toujours un moment où on se dit qu’on va s’en prendre une et on serre les fesses. Loeb me fait totalement confiance. L’association est bonne et saine. »

Le duo a un contrat qui dure jusqu’en 2027 avec Dacia. Sauf surprise, ils seront donc associés de nouveau ensemble sur le prochain Dakar.

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