Des excuses ? Donald Trump n’en est pas encore là, mais le président américain a décidé de jouer la carte de l’apaisement après avoir provoqué la colère et l’indignation du Royaume-Uni cette semaine. Jeudi, le locataire de la Maison Blanche s’en était pris aux pays membres de l’Otan, estimant que les alliés de Washington étaient « restés un peu loin des lignes de front » pendant la guerre d’Afghanistan et que les États-Unis n’ont « jamais eu besoin d’eux ».

Des propos qui ont indigné le Premier ministre britannique Keir Starmer, à l’unisson de toute la classe politique outre-Manche, le Royaume-Uni ayant perdu plus de 400 soldats pendant l’intervention déclenchée après les attentats du 11 septembre 2001.

Plusieurs autres pays de l’alliance, dont la France, l’Italie et l’Australie, ont critiqué les propos de Donald Trump. « Ces déclarations inacceptables n’appellent aucun commentaire. C’est aux familles de soldats tombés que le chef de l’État souhaite apporter du réconfort et redire la reconnaissance et la mémoire respectueuse de la nation », a notamment exprimé l’entourage du président de la République Emmanuel Macron.

Signe de l’ampleur de l’affront, un échange téléphonique a eu lieu entre Keir Starmer et Donald Trump ce samedi 24 janvier dans la journée, dans lequel le premier a évoqué le « sacrifice » des militaires britanniques et américains en Afghanistan.

« Un lien bien trop fort pour être jamais rompu »

Sur son réseau social, le milliardaire à la tête des États-Unis a salué le rôle des soldats britanniques. « Les GRANDS et TRÈS BRAVES soldats du Royaume-Uni seront toujours aux côtés des États-Unis d’Amérique ! En Afghanistan, 457 sont morts, beaucoup ont été gravement blessés, et ils figuraient parmi les plus grands guerriers. C’est un lien bien trop fort pour être jamais rompu », a-t-il écrit.

Donald Trump n’a en revanche pas évoqué le rôle des soldats des autres pays. La France, par exemple, compte 89 morts en Afghanistan entre 2001 et 2014.

La Première ministre italienne Giorgia Meloni a exprimé sa « stupéfaction » et exigé « le respect » après les déclarations de Donald Trump dont elle est considérée comme une alliée.

Le Premier ministre polonais Donald Tusk a rappelé avoir participé à une cérémonie d’adieux en 2011 pour cinq soldats polonais tombés au combat en Afghanistan. « Les officiers américains qui m’accompagnaient alors m’ont dit que l’Amérique n’oublierait jamais les héros polonais. Peut-être le rappelleront-ils au président Trump », écrit-il sur X.