VIDÉO – Le président du groupe Michelin est l’invité de l’émission « Esprit d’entreprise » sur Le Figaro TV.
Leader mondial des pneumatiques après cent trente-cinq ans d’existence, Michelin ne cesse de se réinventer pour rester aux avant-postes. Le groupe investi dans les matériaux de haute technologie pour tous les usages innovants, de la santé au textile en passant par l’énergie et le spatial, avec l’ambition de réaliser 30 % de son activité hors de métier d’origine d’ici à 2030. « Nous avons décliné les pneus sous toutes ses formes : petit, grand, supergrand, ultrarésistant… Ce savoir-faire d’agencement des matériaux peut être très utile dans beaucoup d’autres secteurs, explique le dirigeant, qui vient d’être renouvelé dans ses fonctions pour quatre ans. Nous travaillons aussi bien sur des nouvelles générations de colle sans molécules dangereuses pour la santé, que sur des joints de centrales nucléaires ou des courroies d’imprimante. Au-delà des pneus, Michelin est en fait devenu un objet critique d’un autre objet. »
Le patron de Michelin Florent Menegaux renouvelé pour quatre ans
Parmi les premiers grands dirigeants d’entreprise ayant pris part au débat politique et économique, Florent Menegaux se défend d’avoir voulu jouer le rôle de lanceur d’alerte. « Mais parce que j’aime mon pays, je pense qu’il faut aussi avoir un devoir de lucidité. Avant de se demander comment répartir la richesse, demandons-nous comment on la crée. Pour cela, il faut produire », martèle celui qui ne cesse de plaider pour de meilleures conditions de compétitivité. « Je préfère moins d’aides publiques, mais des conditions de coûts beaucoup plus compétitives pour les entreprises. Cela permettra à notre pays de rivaliser par rapport aux autres, notamment sur la base de coûts. En tout cas, la compétitivité ne doit jamais se faire sur des salaires dépréciés », renchérit Florent Menegaux, dont l’entreprise est à l’origine du concept de « salaire décent ». « C’est ce salaire qui permet au salarié de se concentrer sur autre chose que la survie. »
Nouvelle usine
Il y a un peu plus d’un an, le groupe clermontois a annoncé la fermeture de deux usines en France (Cholet et Vannes), qu’il a compensée par ses investissements dans la R&D et dans de nouvelles usines. « L’économie est vivante. Les usines, les technologies et les marchés ont une durée de vie, insiste le dirigeant. Michelin a encore treize usines en France et continue à y investir, comme ce nouveau site que nous construisons pour produire une molécule biosourcée qui va irriguer le monde dans les prochaines décennies. »
Florent Menegaux : «l’accord du Mercosur, tel que je l’ai compris, me paraît très équitable, j’y suis très favorable»
Accélérer le projet européen
Sur le plan international, le pneumaticien mise sur une stratégie très locale, aussi bien aux États-Unis qu’en Chine. Mais il alerte sur les effets négatifs des droits de douane américains. Alors que l’ouragan Trump a soufflé cette semaine sur le forum économique de Davos, il appelle l’Europe à renforcer son unité diplomatique. « L’Europe va trop lentement face à la Chine et aux États-Unis. Certes, le projet européen va désormais au-delà du simple projet de ne pas se faire la guerre, car nous avons compris que si nous ne faisions pas attention, une énorme partie de l’industrie européenne partirait à l’extérieur. Mais il faut aller plus vite ! »