Ligue 1 (19e journée). Stade Brestois – Toulouse : 0-2
Dimanche, lorsque l’arbitre a sifflé la pause, cela faisait longtemps que le Stade Brestois n’avait pas montré un tel visage à domicile. « La plus mauvaise première période depuis que je suis ici », a reconnu Éric Roy. « Qu’est-ce qu’il y avait de bien ? », demandait-il avant de lister tous les manquements brestois : « L’intensité, la technique, la tactique, l’animation offensive, l’animation défensive : il n’y avait rien ! » Le diagnostic de l’entraîneur brestois avait le mérite d’être aussi clair que lucide.
« Je me demande si le discours a été entendu »
À Le Blé, les 45 premières minutes ont été d’une grande pauvreté, le milieu en losange aligné n’ayant absolument pas produit l’effet escompté. « Incapacité à récupérer le ballon, incapacité à le garder quand on l’a récupéré, incapacité à enchaîner. On avait demandé tout, sauf dégager et jouer long, parce que cette équipe a les meilleurs joueurs de tête du championnat. Et c’est exactement ce qu’on a fait en première période. Je me demande si le discours a été entendu », déplorait Roy après la rencontre.
Difficile, en effet, de retenir le moindre élément positif d’un premier acte sans rythme ni inspiration, conclu logiquement par un score de 2-0 en faveur du TFC. L’ouverture du score est intervenue sur une frappe de Diop au premier poteau, sur laquelle Coudert pouvait mieux faire (28’). Juste avant la pause, après une action parfaitement construite et un milieu brestois pris à défaut, Gboho doublait la mise (44’).
« On savait que notre milieu ne serait pas très créatif, mais on n’a pas réussi à animer le système, poursuivait Éric Roy. Autant on a été faibles dans l’animation offensive, autant ce qui me gêne encore plus, c’est notre faiblesse dans l’animation défensive. Laisser des joueurs libres de tout marquage alors qu’on est en supériorité, notamment sur le deuxième but, c’est la preuve qu’il nous manque encore beaucoup de choses. »
« Nos insuffisances de la première période nous ont condamnés »
Au retour des vestiaires, Brest s’est toutefois révolté, sans jamais sombrer. En sept minutes, le Stade Brestois s’est même procuré quatre occasions franches (52’, 54’, 57’, 59’), mais s’est heurté à un Guillaume Restes décisif. « Ce qui est encourageant, c’est le début de la deuxième, où on a réussi à emballer un peu le match. Mais il fallait être clinique résumait Roy. Mais nos insuffisances de la première période nous ont condamnés. »
Il faudrait aussi mesurer le temps de jeu effectif d’une rencontre très hachée, durant laquelle les Toulousains, malicieux pour certains, agaçants pour d’autres, ont su casser le rythme et empêcher les Brestois d’emballer la partie. La seconde période a, par bien des aspects, rappelé le scénario du match aller face à Lyon (0-0), lorsque l’adversaire avait réussi à anesthésier la rencontre. « Ça casse le rythme, il n’y a que des fautes, des arrêts de jeu, c’est catastrophique. C’est le football 5.0 », dénonçait même le technicien brestois.
Après trois succès consécutifs à domicile en championnat, le Stade Brestois est donc logiquement tombé. Si les joueurs d’Éric Roy conservent la même avance sur la zone rouge qu’avant cette rencontre (huit points sur le FC Nantes, 16e et barragiste), ils voient en revanche la 7e place s’éloigner. « On n’a pas mis les ingrédients qu’il faut, et quand on ne met pas ce qu’il faut dans un match… On n’est pas Paris ou Barcelone », résumait Joris Chotard, conscient que son équipe a manqué un peu de tout, dimanche.