Sans être parfaits, les Bretons ont au moins su faire preuve d’une belle maîtrise dans le money-time, au bout de 80 minutes durant lesquelles le choix de confier le capitanat à l’ex-leader isérois Steeve Blanc-Mappaz n’a évidemment pas été anodin.
Le manager vannetais Jean-Noël Spitzer a été le premier à le reconnaître : oui, les quatre points de son équipe étaient bien payés, au vu du scénario rocambolesque de cette rencontre. « On ne peut pas dire que c’est une victoire méritée, il n’y a pas un secteur où on a vraiment dominé. On aurait pu céder mais on a réussi à rester connectés entre nous, à défaut d’être disciplinés. On a été pénalisés 18 fois. En général, tu perds le match quand tu es pénalisé 18 fois… » Or, justement, les Bretons ont réussi à surmonter cet écueil. Et à aller chercher la victoire à 15 contre 14, alors que le Stade des Alpes commençait à s’enflammer, preuve de ressources mentales réelles. « C’est une force de cette équipe, personne ne s’affole », racontait le capitaine Steeve Blanc-Mappaz. À la 76e, sous les poteaux, Pierre Boudehent a pris la parole en disant : « Restons calmes, on va encore avoir une opportunité. Mike Ruru nous a aussi rassurés. On tape le renvoi, on met une bonne pression et le ballon nous revient dans les mains. Et on score tout de suite… On a une moyenne d’âge assez élevée, des joueurs d’expérience, et je pense que ça nous aide sur ces matchs comme ça, avec beaucoup d’enjeux et beaucoup de pression. »
Spitzer : « Je voulais avoir la meilleure relation possible avec l’arbitre »
Un atout dont Spitzer était évidemment bien conscient, qui n’avait pas par hasard fait de Blanc-Mappaz, historique capitaine du FCG, son leader pour la première fois de la saison… « Steeve, il a déjà été capitaine à Vannes avant de l’être à Grenoble. Je serais idiot si je ne m’appuyais pas sur lui. Sione (Kalamafoni, N.D.L.R.) était sur le banc et je voulais avoir la meilleure relation possible avec l’arbitre. Steeve était le joueur le plus expérimenté que j’avais. Ce choix était indépendant de l’adversaire, c’est juste lui qui s’est imposé. » Le hasard ayant une drôle de manière de faire les choses, Blanc-Mappaz a ainsi effectué son retour comme capitaine au Stade des Alpes sous la direction de M. Trainini, arbitre du fameux access-match Grenoble-Montpellier qui avait fait couler beaucoup d’encre pour sa dernière sous le maillot alpin. « C’est le premier truc que je me suis dit quand on a fait la présentation du match, souriait Blanc-Mappaz. Quand j’ai su que c’était M. Trainini, je me suis dit que c’était marrant, quand même… Avoir un peu d’expérience, ça peut toujours un peu aider vis-à-vis d’eux. »
Choix manifestement gagnant, donc, que Blanc-Mappaz ne pouvait que savourer, malgré des pensées toujours tournées envers ses ex-coéquipiers. « J’ai de la chance de vivre des moments pareils, prolongeait l’intéressé. Je ne pensais jamais revenir ici, mais le chemin était comme ça… J’étais très content d’être là pour le centième match de Romain Trouilloud, d’avoir une bonne petite bataille avec Anto Berruyer… Je sais la saison qu’ils vivent, mais je sais aussi ce qu’ils ont dans le ventre et ce qu’ils sont capables de faire quand ils sont au pied du mur. Je leur souhaite juste de retrouver du plaisir et d’accrocher ces phases finales. » Quand bien même, dans cette optique, les Vannetais ont sacrément contrecarré les intentions des locaux…