Après l’annonce en novembre dernier de sa volonté « d’entrer en campagne en janvier », c’est sans suspens que Nathalie Appéré vient d’officialiser sa candidature à un troisième mandat à la tête de la ville de Rennes. Un lancement de campagne qui devrait se faire début février lors d’un meeting avec ses soutiens* pour présenter le projet défini et ses colistiers. Elle rejoint ainsi, enfin, les autres candidats à la mairie déjà déclarés : l’élu d’opposition Charles Compagnon (Horizons), Marie Mesmeur (LFI), Thomas Rousseau (LR), Julien Masson (RN), Ulysse Rabatté président de l’association Rennes commune n’a pas eu l’investiture des insoumis et Erell Duclos, communiste révolutionnaire Révolution Permanente.
« On ne pense pas vraiment aux élections »
« Si les acteurs de ces élections sont mobilisés depuis quelques semaines, les électeurs devraient, eux, s’en préoccuper qu’à partir de la mi-février, au moment où les médias auront relayé les prises de position différentes et que des clivages émergeront. On commence à voir un peu sur les réseaux sociaux, dans la presse, une campagne qui se met en place mais qui reste pour l’instant un peu lointaine pour les électeurs » explique Romain Pasquier, politologue et directeur de recherche au CNRS et à Science Po Rennes. À 50 jours du premier tour du scrutin les électeurs rennais sont appelés aux urnes, dans un contexte où la crise politique s’est installée dans l’Hexagone et la situation internationale se durcit. De quoi, pour certains, revoir, pour l’heure, les priorités. « Avec tout ce qui se passe dans le monde et en France, on ne sait pas vraiment où l’on va. On ne pense pas vraiment aux élections qui arrivent. On pense hélas à 2027 qui est encore loin et de coup les prochaines élections municipales passent actuellement un peu à travers les mailles du filet » explique Monique.
« Pas le sujet du moment »
Pour d’autres malgré les considérations géopolitiques actuelles le scrutin à venir ne doit pas passer au second plan et suivent déjà les déclarations des uns et des autres. « C’est important d’aller voter pour les municipales. Ce sont des élections qui touchent plus directement la population. Il y a plein d’enjeux qui en découlent pour les actions locales. J’essaie de m’informer dès maintenant, même si je sais déjà que mon choix est fait » explique Mathilde. Un intérêt pour ces élections locales partagé par Françoise et Claude : « On suit un peu pour l’instant ce que disent les différents candidats dans les médias. On lit aussi les tracts sur les marchés. Les décisions qui sont prises et qui touchent la vie quotidienne sont importantes pour tout le monde ». Wendy et Thibault, eux, se sentent loin de ces élections : « On ne croit pas que la politique va changer notre vie. Ça ne nous parle pas trop. En tout cas ce n’est quelque chose qui nous questionne à l’heure actuelle. On pense s’y intéresser que lorsque l’on aura les programmes et les listes en main ». Même constat pour Aymeric : « Les élections pour moi ce n’est pas le sujet du moment. On y pensera plus tard. Je vote régulièrement, mais bon il n’y a pas trop de suspens ».
Un constat que pointe également Romain Pasquier pour ces prochaines élections municipales : « Il n’y aura pas de révolution dans les villes bretonnes. On s’attend à pas mal de stabilité dans l’Ouest de la France ». La campagne électorale qui était jusqu’alors au point mort devrait pouvoir décoller dans les jours à venir avant les élections qui se dérouleront le 15 et le 22 mars prochain.