Cousine des Forbin et Chevalier Paul de Marine nationale, la frégate de défense aérienne Andrea Doria est arrivée à Toulon, où le groupe aéronaval français se prépare à débuter son prochain déploiement.
L’Andrea Doria a rejoint la grande base navale varoise le vendredi 23 janvier. L’imposant bâtiment de la Marina militare, spécialisé dans la défense aérienne, comme un jumeau, le Caio Duilio. Deux unités réalisées dans le cadre du programme franco-italien Horizon, qui a la construction, pour la Marine nationale, des Forbin et Chevalier Paul, produits par le chantier Naval Group de Lorient et admises au service actif en 2010 et 2011. Les Andrea et Caio Duilio ont, quant à eux, vu le jour aux chantiers Fincantieri de Riva Trigoso et Muggiano, leur livraison à la flotte italienne intervenant en 2008 et 2009.
L’Andrea Doria le 24 janvier à Toulon.
Longues de 152.9 mètres pour une largeur de 20.3 mètres et un déplacement à pleine charge d’un peu plus de 7000 tonnes, les quatre frégates du type Horizon sont très voisines, avec les mêmes radars (un S1850 M à longue portée et un EMPAR pour la conduite de tir des missiles) et un système d’armes principal conjoint, le PAAMS (équipant également les T45 britanniques), basé sur 48 missiles surface-air Aster 15 et Aster 30. Il y a cependant des différences entre les unités françaises et italiennes, ces dernières étant par exemple dotées de 8 missiles antinavires Otomat alors que celles de la Marine nationale ont des Exocet MM40, ainsi que de trois tourelles de 76 mm au lieu de deux, les canons d’origine des Horizon italiennes ayant en outre été remplacés par des systèmes STRALES avec conduite de tir intégrée. L’artillerie légère des Andrea Doria et Caio Duilio est constituée de deux canons téléopérés de 25 mm KBA quand les Forbin et Chevalier Paul ont trois systèmes de 20 mm Narwhal. Les lance-leurres antimissiles sont également différents, avec des SCLAR-H pour les Italiens et des NGDS pour les Français.
Les FDA françaises Forbin et Chevalier Paul.
Ces quatre bâtiments vont faire l’objet d’une rénovation à mi-vie entre 2027 et 2030, ce qui leur permettra notamment de disposer de nouvelles capacités dans le domaine de la lutte contre les missiles balistiques et hypersoniques.
La présence de l’Andrea Doria à Toulon coïncide probablement avec le départ imminent du groupe aéronaval français. Emmené par le porte-avions Charles de Gaulle, il va partir pour l’Atlantique où il participera dès le début du mois de février à ORION 2026, le plus important exercice organisé par les armées françaises. Aux côtés de la Marine nationale, de l’armée de l’Air et de l’Espace, ainsi que de l’armée de Terre, pas moins de 24 nations et le commandement de l’OTAN vont participer à ces manœuvres de grande ampleur qui débuteront en Atlantique et dans l’ouest de la France. Sur le plan naval, 25 grands bâtiments français et alliés seront engagés, dont le Charles de Gaulle et deux porte-hélicoptères amphibies (PHA), ainsi qu’une cinquantaine d’aéronefs, dont une vingtaine de Rafale Marine embarqués sur le porte-avions français.
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