Lors de son lancement fin 2023, Ampere devait symboliser le renouveau de Renault. L’objectif était alors de créer une structure entièrement tournée vers la voiture électrique et le logiciel, capable de concevoir rapidement des modèles abordables et d’attirer des investisseurs via une introduction en Bourse. Luca de Meo voyait dans Ampere le moyen de transformer Renault en constructeur « nouvelle génération ».

Ampere, une belle idée trop lourde à porter

Sur le papier, l’ambition avait de quoi séduire. Dans les faits, elle s’est pris le mur de la réalité. Début 2024, Renault a dû renoncer à l’introduction en Bourse d’Ampere, officiellement en raison de conditions de marché peu favorables. Plus simplement, les investisseurs n’étaient pas prêts à valoriser l’entité à hauteur des 10 milliards d’euros espérés, alors que la demande pour les véhicules électriques ralentissait en Europe et que les performances boursières des acteurs du secteur restaient moroses.

Sans cette IPO, la mécanique s’est grippée. Maintenir une filiale séparée, avec sa propre direction, ses fonctions support et ses coûts, devenait difficile à justifier. « S’il n’y a plus d’IPO, il n’y a plus vraiment de raison de conserver une structure dédiée », résume une source proche du dossier auprès de Reuters. Résultat : Ampere va être absorbée par la maison mère, sans casse sociale. Les 11.000 salariés de l’entité doivent tous être reclassés en interne.

Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que Renault fait machine arrière. En décembre, le groupe avait déjà annoncé l’arrêt de la plupart des activités de Mobilize, sa branche consacrée à l’autopartage et aux services de recharge. Là aussi, les activités restantes ont été réintégrées au groupe. Les usines du nord de la France — Douai, Maubeuge et Ruitz — qui produisent la Renault 5 ou le Scenic, repassent sous le contrôle direct du groupe, tout comme le site de Cléon.

Depuis l’été dernier, Renault est piloté par François Provost. Après plus de vingt ans passés au sein du groupe, il imprime une ligne plus pragmatique. Moins de structures complexes, plus de simplicité dans le fonctionnement. Dès septembre, il avait d’ailleurs envoyé un signal en nommant un directeur de l’ingénierie commun à Ampere et à Renault Group, laissant déjà entrevoir une fusion.

La feuille de route complète de François Provost sera présentée en mars prochain, mais les grandes orientations se dessinent déjà : conserver une présence forte dans l’électrique tout en renforçant l’offre hybride, et surtout réduire les coûts. Dans cette nouvelle organisation, Ampere ne disparaît pas totalement. L’entité devient un centre d’ingénierie avancée dédié aux véhicules électriques et aux logiciels, incluant notamment Ampere Energy et Ampere Software Technology.

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