l’essentiel
Un carnet en cuir ayant appartenu à une amie de la famille Mitterrand a été mis aux enchères chez Primardeco. Ce document rare contient les réponses de François Mitterrand au célèbre questionnaire de Proust. Estimé entre 800 et 1200 €, il a été acquis par un particulier à 4800 €
C’est un objet tout simple en cuir fauve marbré avec monogramme et tranches dorées. Quelques traces de scotch sur le fond laissent voir les deux feuillets sur lesquels François et son frère Robert, parmi les 21 invités, ont répondu en août 1935 au questionnaire de Proust en treize questions. Samedi, ce petit carnet a été mis sous le marteau de Paul de Colonges, commissaire-priseur chez Primardeco : « Cet objet appartenait à Gisèle Picamoles-Peltier, Toulousaine, disparue en 2008 », précise Paul de Colonges.

Un petit carnet riche en informations sur la personnalité de François Mitterrand.
DDM – S. G.
« Cette amie familière de la famille Mitterrand soumettait ses proches et invités à ce questionnaire qui révèle souvent la personnalité de la personne. François Mitterrand n’avait que dix-sept ans lorsqu’il a fait ces réponses. Mais on ressent déjà chez lui une belle pertinence », poursuit le commissaire-priseur.
Dans ce carnet, un feuillet rassemble les treize questions posées : ma devise, ma qualité préférée, le défaut antipathique, mon héros, mon poète, mon prosateur, mon musicien, ma fleur, ma couleur, mon plaisir, mon mets favori, antipathie prononcée, ce que je voudrais être ».
« Ce que je voudrais être : tout ou rien »
Parmi les divers objets de ces enchères qui ont rassemblé samedi, un public venu nombreux, ce petit carnet, estimé entre 800 et 1 200 €, fut acquis par un particulier toulousain, qui désire rester anonyme, pour la somme de 4 800 €. L’occasion pour ce collectionneur d’y découvrir les réponses parfois inattendues ou amusantes de l’ancien président. Ainsi à la question « ce que je voudrais être », il répond « Tout ou rien ». À son « mets préféré » : « la vache enragée ». Son antipathie prononcée « pour les imbéciles et le mauvais goût ». À la question « ma fleur préférée », il répondait « n’importe laquelle mais pas dans un vase ». Enfin sa devise préférée « ne s’étonner de rien ». Ce petit carnet a fait connaître la personnalité de François Mitterrand au temps de sa jeunesse.