Il est 13 h, ce dimanche 25 janvier, à Quimperlé (29). Les eaux de la Laïta ont clairement perdu du terrain sur le quai Brizeux, qui était les pieds dans l’eau depuis mercredi. Autour des eaux bouillonnantes de l’estuaire, la vie continue. Le manège enfantin tourne, les gens s’attablent aux terrasses des cafés près des halles. Et nombreux sont les badauds qui prennent en photo la rivière en colère.
Le jardin public des Gorrets a été envahi par les eaux de l’Ellé. (Photo Didier Déniel/Le Télégramme)Nettoyer la voirie à grandes eaux
Quai Brizeux, où l’on peut à présent avancer les pieds presque au sec, c’est une tout autre ambiance qui règne. Une forte odeur d’égout règne sur l’asphalte. « Les eaux ont envahi le réseau d’eaux usées, explique le gérant de Créatesti, un des commerces de la rue, qui vient d’installer une pompe pour assainir le vide sanitaire de son immeuble. Ça remonte, c’est infect. J’ai commencé à nettoyer, il ne faut pas perdre de temps. J’ai aussi évacué les choses qui ne seront plus utilisables. Le bilan est assez lourd ».
En amont du centre-ville, l’Ellé ressemble à un lac. (Photo Didier Déniel/Le Télégramme)
Ce commerçant dit qu’il savait exactement les risques auxquels il s’exposait en s’installant ici. « Mais hors de question de partir. Hormis la menace de l’eau, l’emplacement est idéal. »
Dans les minutes qui suivent, arrivent des agents de la ville de Quimperlé. « On doit dégager ce qui peut l’être. On a demandé aux pompiers de nettoyer à grandes eaux la voirie, avant de rouvrir le quai à la circulation », explique l’un d’eux, en déplaçant un bac à fleurs emporté par les flots. Sur le pas de sa porte, un commerçant lui demande s’il est judicieux de commencer à nettoyer sa salle de restaurant. Réponse mi-figue mi-raisin de l’employé communal : « Avec ce qu’on nous annonce mardi, je ne sais plus quoi répondre ».
Un barrage : « Pas la bonne solution »
À quelques dizaines de mètres de là, une habitante a commencé à déblayer des cartons et tissus imbibés d’eau.
« Certaines personnes n’ont pas respecté nos consignes qui étaient de surélever ce qui pouvait l’être, commente Yves Schryve, adjoint chargé, entre autres, de la lutte contre les inondations. Certains habitants n’anticipent pas assez. Et restent persuadé que la municipalité pourrait lutter contre les flots en aménageant un barrage en amont de Quimperlé. Ça coûterait des millions à la collectivité. Sans oublier l’impact environnemental d’un tel ouvrage. Le jeu n’en vaut pas la chandelle. Depuis qu’on a installé les batardeaux le long de la Laïta et des pompes qui rejettent à la rivière les eaux de ruissellement de la haute ville, la situation s’est nettement améliorée. Je pense que, depuis, on évite 90 % des débordements. »
Selon l’adjoint au maire chargé de la lutte contre les inondations, les batardeaux permettent de contenir 90 % des débordements. (Photo Didier Déniel/Le Télégramme)
En fin d’après-midi, Quimperlé étant passé du niveau orange à jaune, la municipalité a décidé de rouvrir la circulation sur le quai Brizeux. En amont, les débits de l’Ellé et de l’Isole restaient impressionnants. Comparables à ceux des rivières de montagne, à la fonte des neiges.