«C’est du domaine de l’eau tiède et du fil à couper le beurre, c’est très simple à fabriquer ». Philippe Géraudel a imaginé le drone terrestre qui pourrait peut-être changer nos vies, le D-2W. Cet ancien entrepreneur, qui a toujours « eu un faible pour la mobilité », a imaginé un drone sur deux roues pour différentes activités de notre quotidien (mais aussi pour les terrains de guerre). Il est inspiré par les gyropodes que la marque Segway avait inventés dès 2001. Et à bien regarder ce « concept drone » comme l’a fait 20 Minutes, on se dit que l’idée peut faire du chemin…
Sur le modèle d’un gyropode
Il a fait maths SUP, maths SPE, a bossé chez Procter & Gamble, et a monté des sociétés. Durant les différents confinements, il a même créé le prototype d’une trottinette à trois roues « pour éviter les problèmes dus au free floating en ville », ceux des trottinettes en location qui tombaient les unes sur les autres là où elles étaient garées. Un vrai Géo Trouvetout ! À 76 ans, Philippe Géraudel, retraité parisien que 20 Minutes a rencontré, aimerait bien mener à son terme un nouveau projet : celui d’un drone terrestre monté sur deux roues motrices, tout-terrain, passe-partout, amphibie, conçu pour différents métiers, de nombreux services et applications. Mais aussi pour les terrains de guerre.
Les différents visages et différentes fonctions que le concept de drone de Philippe Géraudel pourrait se voir attribuer. - Philippe Géraudel
Imaginez ainsi ce petit drone nommé D-2W flanqué du logo La Poste ou Amazon et faisant le pied de grue devant la porte de votre pavillon pour vous livrer un colis ! Imaginez-le navigant à l’intérieur d’un site pollué pour effectuer des observations. Où lâché sur un quai de gare pour analyser la dangerosité potentielle d’un sac suspect. Et projetez-le sur un terrain hostile pour réaliser une opération de déminage… ou armé, aussi, dans le cadre d’un conflit. « Je pense que le système que j’ai imaginé est séduisant par sa simplicité et sa polyvalence », explique modestement Philippe Géraudel qui en a bien évidemment déposé le brevet du D-2W.
Pour une caméra… ou une mitrailleuse
« Ma passion est de développer des idées qui ne sont pas toujours réalisables. Mais mon petit drone peut être facilement construit. Il vient d’une réflexion autour du gyropode de Segway et des robots de Boston Dynamics », explique à 20 Minutes Philippe Géraudel. Équipé de deux larges roues parallèles, avec des batteries logées sous le châssis («en agissant sur le centre de gravité, on réduit l’effort de correction d’équilibre », explique le concepteur du petit drone), l’appareil voit son bon maintien assuré par un système pendulaire. Il reste stable à l’arrêt. Il conserve son équilibre même en cas de choc ou de coupure moteur. Et il peut évoluer sur tous types de sols et gravir des pentes jusqu’à 50°.
Quand soudain, le drone D-W2 sonne à votre porte…. - Philippe Géraudel
« Après, sur la plateforme supérieure, on intègre ce que l’on souhaite : des capteurs, une caméra, une arme… », précise Philippe Géraudel. Qui a poussé son idée jusqu’à calculer comment l’appareil devait être conçu, selon que l’on souhaite poser dessus une caméra de cinéma ou… une mitrailleuse !
Pour le moment, pas encore de maquette, ni de prototype, mais une foule de « renders » (ou images de rendus), photo réalistes façonnés grâce à l’intelligence artificielle, qui donnent une idée très précise des débouchés que pourrait avoir le drone de notre retraité. Et même une vidéo sur YouTube qui parle d’elle-même…
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Selon Philippe Géraudel, des industriels français seraient intéressés pour développer son projet, dont Taur Robotics, qui fabrique des robots pour le transport des charges lourdes en conditions difficiles. Et particularité : le concepteur du drone D-2W a fait le choix que son projet reste open source : « à 76 ans, ce qui m’intéresse, c’est de faire de la recherche, que ce concept soit repris, plutôt que de décrocher un brevet ou un contrat. Le modèle est déposé et vendu 1 euro symbolique. Sinon, un don pour La Fondation de France serait le bienvenu ».
Quant à la vocation potentiellement militaire de son drone, Philippe Géraudel l’assume sans état d’âme : « quand je vois les gens qui se font tirer comme des lapins en Ukraine, je n’ai pas de complexe à développer cela. Si ça peut éviter des morts… ». Vers une armée sans soldat ?