Le sélectionneur pourra compter sur dix jours de préparation avant l’Irlande, puis neuf autres avant le déplacement à Cardiff. Autant dire que les Bleus n’auront pas droit à l’erreur…

Si la convention LNR-FFR (qui entrera en vigueur au 1er juillet) a été présentée comme un texte « gagnant-gagnant » par les deux instances pour la période 2026-2031, le sélectionneur du XV de France Fabien Galthié n’en a pas moins été un des grands gagnants. D’abord parce que cet été, il pourra aborder le Championnat des Nations avec autant de finalistes qu’il le souhaite (même si on se doute qu’ils ne devraient pas être nombreux à affronter les All Blacks sur leurs terres une semaine après avoir bataillé pour un Brennus). Mais, surtout, parce qu’il va conserver pendant ce Tournoi un groupe de 42 joueurs, que les clubs espéraient réduire (les uniques aménagements mis en place concernant les « partenaires d’entraînement » qui ne pourront pas être sollicités plus de deux fois, tandis qu’un club comptant 8 joueurs dans les 28 retenus ne sera pas sollicité pour composer l’effectif des partenaires d’entraînement).

Dix-neuf jours de préparation

Autrement dit ? Les conditions dans lesquelles les Bleus pourront préparer ce Tournoi 2026 ne seront pas plus mauvaises que ces six dernières années, qui les ont vus remporter la compétition à deux reprises. Déjà une petite victoire car au moment d’entamer les discussions, l’affaire n’était pas gagnée. Les clubs avaient même validé très tôt un avenant à la convention pour permettre aux Bleus de se retrouver dès la semaine prochaine, afin de préparer la réception de l’Irlande jeudi 5 février…

Cette préparation ? Si Galthié a déploré en off auprès de certains managers de Top 14 qu’elle serait plus courte que celle des Irlandais (exemptés de compétition par leurs provinces pour se regrouper dès ce week-end), elle n’en sera pas moins riche : avec une première session d’entraînement le mardi (sans les joueurs mobilisés lors de Toulon-Montpellier et Clermont-La Rochelle, joués dimanche) et une journée complète à 42 le mercredi.Sans oublier trois sessions matinales (vendredi, dimanche et lundi) réalisées avec le groupe des 28 en compagnie de l’équipe de France moins de 20 ans. Soit six entraînements « rugby » au total avant le captain run de mercredi prochain, ce qui tranche évidemment avec la tournée de novembre pour laquelle Galthié avait logiquement déploré de n’avoir pu compter que sur un jour et demi d’entraînement pour aborder la réception des Springboks…

Un week-end de quatre jours

Ce qui pose question, en revanche ? C’est qu’après ces dix jours passés en commun, le staff des Bleus a fait le choix de libérer les joueurs pour quatre jours (du vendredi au lundi inclus), afin qu’il aient l’opportunité de se régénérer à leur domicile pendant l’intégralité du week-end. Certes, le pays de Galles ne semble pas être, à l’heure actuelle, l’écueil du siècle. Néanmoins, était-il vraiment cohérent de réclamer en novembre davantage de temps pour préparer les matchs, et d’offrir aux joueurs un week-end prolongé de repos après seulement un match joué dans la compétition… Ceci alors que le XV de France se voyait offrir le « luxe » de neuf autres jours de préparation ? Vaste débat… Car si la question de la fraîcheur physique et mentale est évidemment essentielle, il ne s’agit pas non plus de tomber dans le piège du « désentraînement ». Autant dire que pour Galthié, l’accident industriel sera interdit à Cardiff.