Votre salon ressemble-t-il encore aux photos déco qui
cartonnaient sur Instagram en 2016, alors que vous ne vous en êtes
pas vraiment rendu compte ? Entre végétaux en plastique, tableaux
vus partout et piles de livres jamais ouverts, certains
détails de décoration donnent aujourd »hui une
impression datée, même dans un intérieur soigné.
En 2026, plusieurs designers d’intérieur confient qu’ils n’en
peuvent plus de ces accessoires clonés d’une maison à l’autre. Ils
pointent tous la même chose : ce qui fatigue l’œil, ce n’est pas un
style en particulier, mais ce qui manque d’âme, d’histoire ou
d’utilité. Et certains objets reviennent systématiquement.
Plantes artificielles et art produit en série : quand le faux
prend le dessus
Pour la décoratrice Lexie Saine, les plantes
artificielles ne trompent plus personne : « Les plantes
artificielles ont tendance à paraître statiques et sans vie,
surtout dans des espaces par ailleurs pensés avec soin. Avec le
temps, elles prennent la poussière, se décolorent et peuvent rendre
l’ambiance d’une pièce moins élégante au lieu de l’élever », a
expliqué Lexie Saine au magazine Homes & Gardens. Elle rappelle
aussi qu' »Il existe de nombreuses options peu exigeantes qui
s’épanouissent en intérieur et apportent de la vie, de la texture
et des couleurs naturelles dans une pièce ». Et pour ceux qui n’ont
vraiment pas la main verte, elle suggère une autre piste : « Des
objets sculpturaux, des branches ou des matériaux organiques comme
la pierre, le bois ou des vases en céramique peuvent créer de
l’intérêt visuel sans chercher à imiter la nature ».
Le même malaise revient avec l’art mural produit en
série. La designer Jeannine Bogart résume : « Nous en avons
assez de voir des œuvres d’art produites en série que l’on retrouve
dans tous les catalogues des grandes enseignes ». Elle constate
aussi : « Quand vous voyez le même dessin linéaire abstrait dans dix
maisons différentes, cela cesse d’être de l’art et devient du
remplissage. Il lui manque la narration personnelle et la
profondeur subtile que mérite une maison ». Pour elle, croquis
anciens, textiles encadrés ou pièces chinées ont un tout autre
impact : « Ces pièces ont une ‘présence visuelle’ et racontent une
histoire qu’une impression achetée en magasin ne peut tout
simplement pas offrir ».
Objets sans utilité : colliers de perles et livres
génériques
Les fameux colliers de perles en bois posés sur les tables
basses font aussi partie des détails dont les designers sont
fatigués. La décoratrice Lindsay Thornton le dit franchement :
« J’en ai fini avec le ‘collier décoratif’, cette grosse guirlande
de perles en bois qui a orné les tables basses pendant des années
sans autre but que d’ajouter de la chaleur via le matériau bois ».
Elle préfère des accessoires utiles : « J’adore utiliser des
vide-poches en pierre ou avec une finition plâtre pour apporter de
la douceur à la pièce, mais qui servent aussi à ancrer une table
basse ou à poser une tasse de café ».
Les piles de livres génériques de table basse
agacent tout autant. La designer Jacqueline Goncalves observe :
« Les livres de mode pour table basse semblent être partout. Tom
Ford est devenu l’un des livres de table basse les plus
reconnaissables et sans doute les plus surutilisés en décoration
intérieure. Il est indéniablement élégant en noir et blanc, mais à
ce stade c’est un cliché visuel ». Selon elle, « Je trouve que ces
titres se lisent comme des accessoires décoratifs, dictés par la
tendance et ni uniques ni réfléchis ».
Word art et objets personnels :
redonner une histoire à vos murs
Pour replacer le livre au cœur de la vie quotidienne, Jacqueline
Goncalves conseille de tout miser sur le sens : « Qu’il s’agisse
d’un ancien album de promotion du propriétaire, d’un album photo en
cuir bien patiné, d’un livre de mode ou de design épuisé, d’un
artiste local ou d’informations sur l’histoire de la propriété,
choisissez des pièces qui racontent une histoire. L’objectif est de
créer quelque chose d’intéressant non seulement pour une
photographie, mais pour les personnes qui habitent l’espace ».
Quelques ouvrages vraiment aimés suffisent à remplacer une pile
entière de titres décoratifs.
Dernier détail qui lasse : le word art façon
panneaux à messages. La designer Allison Smith estime que « Nous
n’avons pas besoin de rappels sur la façon de nous retrouver, de
manger ou d’être. Ces phrases semblent souvent davantage relever de
l’injonction que de l’intention ». Elle invite plutôt à choisir « un
‘art avec une âme' ». Paysages, photos de famille, œuvres texturées
en bois, fer, porcelaine ou plâtre, voire un simple assemblage
d’assiettes anciennes, apportent ce supplément de personnalité que
recherchent les décorateurs en 2026.