Un accord de libre-échange historique, stratégique, mais complexe
L’Inde demeure l’une des économies les plus protectionnistes du G20. L’agriculture, notamment les secteurs laitier et céréalier, reste largement exclue des négociations, en raison de sa sensibilité politique, en Inde comme en Europe.
Autre point de friction majeur : le mécanisme européen d’ajustement carbone aux frontières. Son principe est simple : faire payer aux importations — acier, aluminium, ciment, engrais — un prix du carbone équivalent à celui supporté par les producteurs européens. Objectif : éviter les délocalisations industrielles et préserver la compétitivité des entreprises européennes engagées dans la transition climatique. Mais pour l’Inde, ce mécanisme est perçu comme une barrière commerciale déguisée. Le sous-continent réclame donc des exemptions ou des délais.
Déjà une victoire allemande
Avant la signature, en principe ce 27 janvier du traité de libre-échange, un accord a déjà été formulé. Il concerne les voitures européennes importées en Inde. New Delhi va réduire les droits de douane de 110 à 40% pour arriver à 10%. Ce qui va faciliter l’accès au marché indien pour des constructeurs européens comme Volkswagen, Mercedes-Benz et BMW.
Et pour la Belgique, ça change quoi ?
L’Inde reste un partenaire secondaire pour la Belgique : elle est le 18e marché d’exportation, 16e à l’importation, avec un poids encore dominant du diamant. Mais un accord de libre-échange pourrait bénéficier à des secteurs clés comme la pharmacie, les biotechnologies, l’aéronautique, les énergies renouvelables et la logistique, tout en renforçant le rôle du port d’Anvers comme porte d’entrée vers l’Europe.
En mars dernier, une délégation de plus de 140 entreprises belges s’était rendue en Inde pour une mission économique d’une semaine. Une quarantaine de contrats avaient été signés dans la défense, l’agroalimentaire, ou les services.